Modifié le 09 septembre 2019 à 07:18

Un important renouvellement politique attend les Chambres cet automne

Dernière session pour de nombreux élus à Berne. Un nombre record de parlementaires ne se représentent pas.
Dernière session pour de nombreux élus à Berne. Un nombre record de parlementaires ne se représentent pas. 19h30 / 2 min. / le 08 septembre 2019
Un grand nombre de parlementaires ne se représentent pas aux élections fédérales cette année. Pour ces personnalités politiques, la session d'automne des Chambres qui débute lundi à Berne sera la dernière.

Les trois prochaines semaines, les couloirs du Palais fédéral vont bruire de discussions sur le congé paternité, le procureur général ou l'audiovisuel. Ainsi que des adieux des nombreux députés qui vont vivre leur dernière session parlementaire.

Car cet automne, 20% des élus fédéraux ne se représentent pas. Soit 29 conseillers nationaux sur 200 et 20 sénateurs sur 46. Un taux plus élevé que celui de la législature précédente. En 2015, 15% des parlementaires ne s'étaient pas représentés.

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Départ parfois contraint, parfois choisi

C'est au PS et au PDC qu'incombe la lourde tâche de remplacer la plus grande part d'élus: plus d'un quart du groupe parlementaire de ces deux partis est démissionnaire.

Certains partent car ils sont contraints de prendre leur retraite, comme le conseiller national Dominique de Buman (PDC/FR) dont la formation limite les mandats à 16 ans. "Cela fait partie des règles du jeu", estime dans le 19h30 le député de 63 ans. "J'ai l'impression d'avoir fait mon travail et je trouve que c'est une immense chance d'avoir eu plusieurs fois la confiance du peuple."

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D'autres s'en vont alors que les observateurs politiques plaçaient en eux de grands espoirs. A l'image de la conseillère aux Etats Pascale Bruderer (PS/AG) qui compte poursuivre sa carrière hors de la politique.

"Partir, c'est toujours un peu mourir", concède la quadragénaire. "Il y a un oeil qui pleure et l'autre qui rit parce que je trouve que 18 ans au Parlement national, c'est suffisant."

Ne pas "s'accrocher à son siège"

Et il y a ceux que l'expérience bernoise n'a pas entièrement convaincus. Le PLR vaudois Fathi Derder se retire après deux législatures. "Je ne m'accroche pas à mon siège comme certains peuvent le faire", explique le journaliste de 49 ans. "Je suis très heureux de pouvoir partir et redémarrer de nouvelles aventures. J'ai adoré être au Parlement pendant 8 ans. Et 8 ans, franchement c'est suffisant et c'est long."

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Mais lâcher le pouvoir est rarement facile. Les démissionnaires se demandent notamment si leur place sera "bien occupée" à l'avenir, explique la socialiste genevoise Liliane Maury Pasquier, qui a siégé 24 ans à Berne. "Dans une élection au système majoritaire, comme pour le Conseil des Etats, on s'interroge sur le remplaçant ou la remplaçante et si il ou elle va continuer à défendre nos idées."

De quoi alimenter les discussions de l'apéritif pour la fin de la législature, officiellement prévu le 26 septembre prochain.

Enquête de Jean-Marc Heuberger

Adaptation web de Tamara Muncanovic

Publié le 08 septembre 2019 à 20:53 - Modifié le 09 septembre 2019 à 07:18

Menu copieux pour la fin de la législature

Le Parlement ne chômera pas lors de la dernière session de la législature 2015-2019. A quelques semaines des élections fédérales, le menu est copieux: loi sur le C02, initiative de limitation de l'UDC, port du voile, congé paternité, tabac ou nouveaux avions de combat sont autant de sujets qui pourront faire figure de thèmes de campagne.

Les deux Chambres réunies devront aussi élire le 25 septembre, dernier mercredi de la session, le procureur général de la Confédération. Michael Lauber, qui occupe actuellement cette fonction, brigue un troisième mandat. Sa réélection, initialement prévue en juin, a été repoussée suite aux enquêtes dont il fait l'objet. Pour rappel, la commission judiciaire a décidé cette semaine de ne pas le soutenir.
(ats)