Modifié le 02 septembre 2019 à 08:26

Martin Vetterli: "Aujourd'hui, la communication de la science est extrêmement importante"

Entretien avec Martin Vetterli, président de l’EPFL, l’une des écoles les mieux classées du monde.
Entretien avec Martin Vetterli, président de l’EPFL, l’une des écoles les mieux classées du monde. 19h30 / 6 min. / le 01 septembre 2019
L'EPFL fête cette année ses 50 ans. Un demi-siècle qui lui aura suffi pour se hisser parmi les 100 premières universités du monde. Si l'école est désormais devenue un mastodonte, son président, Martin Vetterli, souhaite désormais continuer de grandir "dans la qualité, et non dans la quantité".

L’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) figure notamment au 78ème rang mondial du classement Shangai Ranking 2019. Quatre autres universités suisses entrent dans le top 100. Une concurrence dont Martin Vetterli se réjouit.

Selon lui, les classements sont très lus par les élèves et leurs parents, surtout les étudiants internationaux. Et y figurer offre une visibilité qui permet aussi d'attirer des chercheurs et des professeurs. Une vitrine essentielle à ses yeux: "Nous montrons que notre science est attractive, que notre campus est de qualité, cela donne un package global qui est attractif", explique-t-il.

Transparence essentielle

Si l'école bénéficie désormais de financements privés et de chaires sponsorisées, Martin Vetterli se défend d'avoir "une école à l'américaine", mais un "très bon mélange d'un style américain avec une école publique suisse payée par le contribuable".

Ainsi, aujourd’hui, une école se doit d’expliquer ce qu’elle fait. "La communication de la science est extrêmement importante, parce que nous sommes tributaires des deniers publics et nous devons donc rendre des comptes", explique cet ingénieur de formation.

Face au risque de voir la recherche scientifique corrompue, au service d'intérêts industriels et privés, Martin Vetterli estime que l'indépendance de la recherche est une question de bonne gouvernance. "Nous avons des règles de transparence très strictes, nous ne pouvons pas perdre notre indépendance, notre liberté académique, notre responsabilité repose sur notre contrat social vis-à-vis de la collectivité", détaille-t-il.

Défis scientifiques ancrés dans le réel

Pour Martin Vetterli, le futur pour un institut technologique comme l'EPFL s'organise autour de trois axes principaux: premièrement, les défis liés au changement climatique, soit la durabilité et l’énergie. Le deuxième, c'est l'interaction entre les sciences de l’ingénieur, les sciences fondamentales, et la biologie et la médecine. Enfin, évidemment, la révolution de la digitalisation, de l’intelligence artificielle et ce qui en découle.

pl/jop

Publié le 02 septembre 2019 à 07:18 - Modifié le 02 septembre 2019 à 08:26

Martin Vetterli en bref

Martin Vetterli a d'abord étudié à l’EPFZ, où il a décroché un diplôme en génie électrique en 1981. Un an après, il validait un master de sciences à Stanford, aux Etats-Unis.

Après des premiers pas à l’EPFL dans les années 1980 comme doctorant, le Soleurois décide de retourner enseigner de l'autre côté de l'Atlantique, dans les prestigieuses universités américaines de Columbia et Berkeley.

Spécialisé le domaine du traitement des signaux, il a notamment reçu le Prix Latsis, le "Nobel suisse", pour ses travaux sur les ondelettes.

De retour dès 1995 à l’EPFL, il y devient professeur, doyen de la faculté d’informatique, puis vice-président avant d’être nommé par le Conseil fédéral à la tête de l’institution en 2016.