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Le canton de Vaud réclame plus de sécurité pour les convoyeurs de fonds

L'attaque d'un convoi de fonds le mois dernier à La Sarraz (VD) suscite des demandes pressantes aux autorités fédérales. [RTS]
L'attaque d'un convoi de fonds le mois dernier à La Sarraz (VD) suscite des demandes pressantes aux autorités fédérales. / 19h30 / 2 min. / le 1 septembre 2019
Le braquage de véhicules de transports de fonds dans la nuit du 23 août dans le canton de Vaud a marqué la Suisse romande. Un braquage de trop qui fait réagir le monde politique. Celui-ci réclame des mesures urgentes de sécurité.

Le canton de Vaud a subi six assauts contre des convois de fonds depuis 2017, la plupart de nuit. Mais la dernière attaque en date, le 23 août à la Sarraz, a marqué les esprits. Les assaillants ont utilisé des kalachnikov et des pistolets. Deux convoyeurs ont été blessés.

C'en est trop pour le Conseil d'Etat vaudois, qui a écrit cette semaine au Conseil fédéral pour réclamer des mesures urgentes de sécurité. L'exécutif réclame notamment que les véhicules blindés lourds soient autorisés à circuler de nuit.

Une exception pour la nuit

Aujourd'hui, pour garantir la tranquillité publique, les camions de plus de 3,5 tonnes sont interdits la nuit. Alors ce sont uniquement des véhicules semi-blindés qui convoient l'argent. Des cibles trop faciles. Pourtant, jusqu'ici, le Conseil fédéral ne veut pas d'une nouvelle exception.

"Je ne comprends pas pourquoi on admet le transport de nuit de fleurs coupées alors qu'on interdit aux transporteurs de fonds d'utiliser des véhicules blindés. C'est vraiment incohérent", réagit le conseiller national PLR vaudois Olivier Feller, qui promet d'insister.

D'autres solutions suggérées

L'autre option serait de rendre la Suisse moins attrayante pour les bandes organisées en imitant par exemple la France, qui interdit les convois de fonds durant la nuit, comme le suggérait un spécialiste dans Le Matin Dimanche. Les professionnels suisses eux sont sceptiques.

"Les conséquences concrètes seraient que peut-être des citoyens suisses trouveraient un bancomat qui n'a plus d'argent, voire même que certains magasins n'auraient pas leurs fonds de caisse en temps voulu", estime Luc Sergy, le directeur des Associations des entreprises suisses de services de sécurité.

Très attachés à leurs billets de banque, les Suisses risqueraient de mal vivre ce genre de situation. Mais tant que la sécurité ne sera pas améliorée, le risque est grand que de tels méfaits se reproduisent.

Patrick Le Fort, avec Nicolas Beer

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