Modifié le 02 septembre 2019 à 15:43

Faut-il retirer son deuxième pilier sous forme de capital?

2e pilier: faut-il choisir le capital ou la rente? Témoignages.
2e pilier: faut-il choisir le capital ou la rente? Témoignages. [RTS]
Alors que le taux de conversion devrait passer de 6,8% à 6% avec la réforme de la prévoyance professionnelle, de plus en plus de Romands envisagent de retirer leur deuxième pilier sous forme de capital. Eclairage.

C’est une question incontournable à l’heure de la retraite: faut-il opter pour la rente ou retirer son capital ? A première vue, la rente reste le schéma le plus sûr. L’option d'un versement mensuel garanti à vie séduit encore la moitié des futurs retraités.

Roland Bron, directeur de VZ à Lausanne, observe toutefois un changement de mentalité chez ses clients. "Les rentes ont fortement diminué, c’est pourquoi l’intérêt pour le retrait en capital a clairement augmenté ces dernières années", explique-t-il au 19h30.

31% des retraités retirent leur capital

Retirer son capital ne se décide pas à la dernière minute. En fonction des caisses de pension, il faut avertir de son choix un à trois ans avant le départ à la retraite. "Personnellement, je ne considérais pas l’aspect capital. Je me disais que je prendrais la rente à 100%, sans me poser de questions, comme l’on fait nos parents", confie Nicolas Studer, cadre dans une multinationale. Après avoir pris rendez-vous chez un conseiller, l’option retrait de capital s’est pourtant peu à peu imposée à lui. "Pour ma femme et moi, c’est important de laisser quelque chose à nos descendants. Mais en prenant la rente à 100%, tout ce qu’on a économisé, et on a travaillé dur pour ça, sera perdu."

Actuellement, près d’un tiers des retraités optent pour le capital. En moyenne, les hommes perçoivent un montant de 267'575 francs lorsqu’ils retirent leur second pilier, tandis que les femmes touchent en moyenne 114'062 francs, selon l’Office fédéral de la statistique (OFS).

Avantages et inconvénients du capital

Premier avantage: les impôts. "La rente est une option chère sur le plan fiscal, tout simplement parce qu'il s'agit d'un revenu imposable à 100%", analyse Roland Bron. "Avec le retrait en capital il y a un impôt à payer au moment du déblocage, mais on paie beaucoup moins d’impôts par la suite."

Second avantage: la flexibilité. Un projet immobilier, une envie de voyage… retirer son capital permet de disposer de plus d’argent dans les premières années de sa retraite.

Troisième avantage: la transmission. En cas de décès, la rente issue du deuxième pilier est transmise au conjoint survivant à 60% mais rien aux enfants, alors que le capital, lui, peut être transmis.

Mais cette formule présente un inconvénient de taille, car il faut savoir gérer son argent et le placer correctement pour tenir dans le temps. "Le risque du retrait complet du capital est de ne pas disposer d’assez d’argent pour financer ses besoins à vie", met en garde Roland Bron. "C’est pour cette raison qu’il est important de faire un plan avant sa retraite et ensuite de l’appliquer avec discipline afin d’assurer le financement durable de ses besoins."

Bénéficiaires des PC en augmentation

Pour éviter que les retraités dilapident leur argent et soient ensuite obligés de demander des prestations complémentaires (PC), le Conseil fédéral avait un temps pensé à imposer la rente à tous les retraités ou de réduire de 10% les PC si le capital a été retiré ou partiellement utilisé. Des mesures rejetées par le Conseil national.

Selon les chiffres de l’OFS publiés en juin 2019, 209'200 personnes touchaient les prestations complémentaires à leur rente vieillesse, soit 2,2% de plus qu’en 2017.

>> L'expérience du navigateur suisse Roger Montandon:

Navigateur Montandon
L'actu en vidéo - Publié le 01 septembre 2019

Cécile Tran-Tien

Publié le 01 septembre 2019 à 20:33 - Modifié le 02 septembre 2019 à 15:43

La retraite en quelques chiffres

-Un cinquième de la population est âgée de 65 ans ou plus, contre à peine 6% en 1900.

-En 2019, l’espérance de vie des femmes est de 85,4 ans contre 81,4 ans pour les hommes.

-Les 65 ans ou plus s’élèvent actuellement à 1,5 million de personnes. Les scénarios de l’OFS prévoient qu’en 2045, plus de 2,7 millions d’habitants feront partie de ce groupe.