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Les armes à sous-munition font toujours des victimes dans le monde

Une bombe à sous-munitions retrouvée au Liban (image d'illustration). [Mohammed Zaatari - Keystone]
Les armes à sous-munitions ont fait quelque 150 morts dans le monde en 2018 / Le Journal horaire / 32 sec. / le 29 août 2019
Seule la Syrie a connu de nouvelles utilisations d'armes à sous-munitions en 2018, constate l'Observatoire de ces armes dans son rapport 2019. Dans le monde, ces engins ont fait au moins 149 victimes dans huit pays et un territoire.

Sur ces 149 nouvelles victimes, 65 ont subi des attaques directes utilisant ces armes, toutes en Syrie, alors que 84 ont fait les frais de restes d'armes à sous-munitions, dont 15 en Syrie, précise l'observatoire dans son rapport rendu public jeudi.

Il s'agit d'une diminution importante par rapport à 2016, quand 971 victimes avaient été recensées, note le document. Une diminution principalement due à l'évolution du conflit syrien. Mais ce bilan reste très préoccupant: 99% des victimes des armes à sous-munitions sont en effet des civils.

Au moins 38 attaques à l'arme à sous-munitions ont eu lieu en Syrie entre juillet 2018 et juin 2019. Depuis mi-2012, quand l'utilisation de ces engins y a été observée pour la première fois, l'Observatoire a enregistré au moins 674 attaques d'armes à sous-munitions dans le pays.

Comme chaque année depuis 2012, la majorité des nouvelles victimes ont été recensées en Syrie (53%). Ce bilan est certainement en dessous de la réalité compte tenu des obstacles pour accéder aux zones concernées et les difficultés pour recueillir les informations, relève le rapport.

Menace à long terme

Alors que jusqu'à 40% de ces armes n'explosent pas à l'impact, les attaques engendrent une lourde contamination aux restes de sous-munitions. Elles posent une menace mortelle et à long terme pour les populations locales.

En 2018, le Yémen a enregistré le plus grand nombre de victimes de restes de sous-munitions (31). Au Laos, 40 ans après le conflit, des victimes continuent aussi d'être enregistrées (21). Au total, 26 Etats et trois territoires sont contaminés par les restes de sous-munitions dans le monde.

ats/ebz

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Conférence à Genève début septembre

Le rapport dresse le bilan de l'application de la Convention d'Oslo qui interdit l'emploi, la production, le transfert et le stockage des armes à sous-munitions sur la période allant de janvier à décembre 2018. Il couvre également l'année 2019 jusqu'au mois d'août, quand l'information est disponible.

La conférence des Etats parties à la Convention d'Oslo se tiendra du 2 au 4 septembre prochains à Genève. Handicap international appelle les Etats à appliquer le droit international et à systématiquement condamner l'utilisation de ces armes.