Les TOC touchent près de 4% des habitants en Suisse

Témoignages

Publié le 17 août 2019 à 09:59 - Modifié le 20 août 2019 à 13:48

Perçus comme honteux, les TOC toucheraient pourtant 300'000 personnes en Suisse

Revenir en arrière pour vérifier que la porte est bien fermée à clef et les plaques électriques éteintes. Ne pas marcher sur les lignes du trottoir. Se laver très longuement les mains…

Tout le monde l'a déjà fait, mais lorsque ces actions deviennent entêtantes et sont répétées des dizaines de fois, on parle de TOC, pour trouble obsessionnel compulsif. Il s'agit d'une maladie psychique, liée à une angoisse.

Une maladie taboue

Cinq épisodes durant, la RTS a donné la parole à des personnes souffrant de TOC ainsi qu'à leurs proches. Il en existe une infinité, parfois combinés entre eux.

Cette série de témoignages a été difficile à réaliser, car les TOC restent tabous, honteux. Plusieurs personnes ont accepté de témoigner, puis se sont rétractées. Beaucoup d’individus cachent leurs troubles, qui toucheraient pourtant près de 4% de la population suisse.

Une série réalisée par Caroline Stevan
Adaptation web: Vincent Cherpillod

  • Vivre au quotidien avec un TOC (1/5)

    La peur d'oublier ou de perdre quelque chose

    "J'ai tout un schéma. Je commence par un côté, je suis le mur, je fais toutes les chambres, la salle de bains, la cuisine... Je finis par le salon, puis après je pars. Ça peut me prendre facilement 15, 20 minutes, parce que je vais le faire plusieurs fois", confie Nicolas, un Genevois qui souffre d'un TOC du contrôle et craint notamment d'oublier de fermer les fenêtres.

    >> Ecouter son témoignage:

    Une femme fouille son sac.
    Garo / Phanie - AFP
    La Matinale - Publié le 12 août 2019

  • Vivre au quotidien avec un TOC (2/5)

    Un rituel pour attirer le bon oeil

    "C'est venu au décès de mon papa. Je me suis rappelée que ce matin, maman m'avait dit que ma chambre n'était pas bien rangée, et mon père est décédé... A partir de ce moment-là, je me suis dit qu'il fallait que je range vraiment bien ma chambre, comme ça, rien n'allait m'arriver". Depuis cet événement, Anouk multiplie les rituels dans l'idée d'écarter le mauvais oeil et d'attirer le bon.

    >> Ecouter son témoignage:

    Une femme effeuille une marguerite.
    Laurence Mouton - AltoPress/PhotoAlto/AFP
    La Matinale - Publié le 13 août 2019

  • Vivre au quotidien avec un TOC (3/5)

    Les angoisses multiples

    "Quand je passais devant un feu de circulation clignotant, si je ne le voyais pas clignoter un nombre pair de fois, ça m'inquiétait", explique Vittorio, 18 ans, qui va mieux depuis qu'il a suivi une cure aux Etats-Unis.

    >> Ecouter son témoignage:

    L'angoisse des espaces confinés.
    Martin Bertrand/Hans Lucas - AFP
    La Matinale - Publié le 14 août 2019

  • Vivre au quotidien avec un TOC (4/5)

    Une mère face au TOC de son enfant

    "Je me suis aperçue qu'il ne fallait pas céder, mais c'est difficile lorsque vous avez, face à vous, quelqu'un en pleurs qui vous supplie, pour la xième fois, de vous laver les mains avant de mettre la table. C'est d'une violence sur la famille...", raconte la mère de Dominique (prénom modifié), dont la fille est atteinte d'un TOC sévère.

    >> Ecouter son témoignage:

    Le parcours d’une mère face au TOC de son enfant.
    Burger Phanie - AFP
    La Matinale - Publié le 15 août 2019

  • Vivre au quotidien avec un TOC (5/5)

    Peut-on guérir d'un TOC?

    "Lorsque je passais à côté d'une poubelle, j'avais l'impression que tout me sautait dessus. Je faisais des grands détours pour l'éviter. S'il y avait un container, je traversais, puis je retraversais", confie Marie. Après une opération, elle se porte beaucoup mieux.

    >> Ecouter son témoignage:

    Peut-on guérir d'un TOC?
    Garo Phanie - AFP
    La Matinale - Publié le 16 août 2019

  • L'avis de l'expert

    Françoise Riquier, psychiatre spécialisée

    Les TOC véhiculent tout un tas d’images et d’a priori, et ses mécanismes sont encore méconnus.

    Si chacun a des petites manies, à quel moment peut-on parler de TOC? "C'est à partir du moment où ça prend du temps, où ça dépasse une heure par jour", explique Françoise Riquier, psychiatre à Lausanne et qui suit de nombreux patients atteints de TOC, dont certains de ceux qui se sont confiés dans cette série.

    "Une personne qui n'est pas malade pourra partir le matin en se disant 'Tiens, ai-je débranché mon fer à repasser', mais en fin de compte les priorités de la journée feront qu'elle oubliera ce détail. Mais une personne avec un TOC va rester focalisée là-dessus et cette pensée va déclencher une anxiété énorme", développe François Riquier.

    Selon la psychiatre vaudoise, il n'est pas simple de se soigner: "On est satisfait quand on a une diminution des symptômes de 35%. Sur 20 heures de trouble, ça fait 7 heures de gagnées. Environ 30% des patients y parviennent. Quelque 30% vont avoir des résultats ou des améliorations légères, mais pas suffisantes. Et environ 25% n'auront aucune amélioration".

    >> Voir toute son interview dans La Matinale:

    L'invitée de La Matinale (vidéo) - Françoise Riquier, psychiatre spécialiste des TOC
    L'invité-e de La Matinale - Publié le 16 août 2019