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La protection face aux risques naturels en question après l'orage à Chamoson

Le drame de Chamoson soulève des questions sur la sécurité aux abords des torrents potentiellement dangereux.
Le drame de Chamoson soulève des questions sur la sécurité aux abords des torrents potentiellement dangereux. / 19h30 / 2 min. / le 13 août 2019
Le débordement d'un torrent dimanche à Chamoson (VS) repose la question de la protection contre les risques naturels. Les régions alpines, particulièrement touchées, investissent pourtant beaucoup d'argent pour prévenir ce genre de catastrophes.

Dimanche, un flux de laves torrentielles s’est déversé dans le lit de la Losentse après le violent orage qui s'est abattu sur Sion et le Valais central. Toujours portés disparus, un Genevois de 37 ans établi en Valais et une fillette de 6 ans ont été emportés par la rivière. Leurs chances de survie sont "nulles", d'après la police valaisanne.

>> Lire également : Chances de survie "nulles" pour l'homme et la fillette disparus à Chamoson

Digues, reboisement ou encore bassins de rétention: des centaines de projets sont en cours en Suisse pour prévenir les risques naturels. Pour la seule commune de Chamoson, 5 millions ont été débloqués l’an passé. Par ailleurs, 80 millions sont engagés dans l'Ouest lausannois pour sécuriser les rivières. En Suisse, les investissements totaux effectués dans la protection contre les crues depuis les événements de 2005 jusqu’à fin 2018 se chiffrent à environs 4,1 milliards de francs, selon l’Office fédéral de l’environnement.

Travaux à Loèche

Les protections mises en place pourraient encore être améliorées par la science, comme avec les travaux menés dans l’Illgraben, près de Loèche (VS) par l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), au sujet des laves torrentielles.

"Les données récoltées nous aident à mieux définir nos modèles numériques utilisés pour l'évaluation du danger dans des régions où nous ne pouvons pas faire de mesures. Le but est aussi d'optimiser les ouvrages techniques de protection", explique l'hydrologue Alexandre Badoux.

Aménagement du territoire

L'institut ne constate pas d’augmentation significative d’événements météo extrêmes en Suisse. Il faut toutefois savoir qu'environ un quart de la population vit dans une zone potentiellement inondable. Le défi réside donc dans l’aménagement du territoire, selon Emmanuel Reynard, directeur du Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne de l'Université de Lausanne.

"Dans un petit pays comme la Suisse, qui a utilisé de manière très intensive le territoire, le défi consiste à redonner un peu plus d'espace à la nature pour laisser se réaliser ces événements intenses", signale-t-il.

Le géographe estime néanmoins qu'il ne sera "pas facile" de changer nos modes de vie. "On le voit par exemple dans le cas du Rhône. La troisième correction du Rhône vise à redonner plus d'espace au fleuve. Mais il y a une grande difficulté à concilier le besoin en terres agricoles, le besoin pour d'autres aménagement et le besoin pour la nature." Selon lui, il est trop tôt pour parler de migrations climatiques en Suisse.

Julie Rausis/gma

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Reprise des recherches mardi matin

Les recherches ont repris mardi matin à Chamoson (VS) pour retrouver les deux personnes portées disparues. Les équipes à l'oeuvre sont également à la recherche d'indices, a indiqué un porte-parole de la police cantonale.

Entamées dès le début de la soirée dimanche, les recherches avaient été interrompues à 20h30 lundi.