Modifié le 28 juillet 2019 à 09:07

Appel à une reconnaissance des trois langues des signes en Suisse

Les difficultés au quotidien sont nombreuses pour les sourds et malentendants.
Appel à une reconnaissance des langues des signes en Suisse La Matinale / 1 min. / le 25 juillet 2019
La Fédération suisse des sourds exige une reconnaissance officielle des trois langues des signes du pays. Elle demande aux autorités de mieux les considérer et les promouvoir.

L’organisation faîtière nationale de l’entraide des sourds est appuyée par plusieurs textes que des élus du PDC, du PS et des Verts ont déposés au Parlement lors de la session de juin dernier. Ces parlementaires demandent au Conseil fédéral de considérer ces langues comme minorité culturelle ou linguistique.

L'objectif est aussi de sensibiliser face aux discriminations que connaissent les personnes sourdes. Car les difficultés sont nombreuses au quotidien: les 10'000 sourds de Suisse sont ainsi trois fois plus touchés par le chômage en raison d'une communication inadaptée.

La galère aux urgences

Et dans des cas d'urgence, notamment médicale, les conséquences peuvent être dramatiques. "Quand quelqu'un a un rendez-vous prévu avec un médecin, il va arriver avec son interprète et il n'y a pas de problème. Mais quelqu'un qui doit aller aux urgences se retrouve face à des gens avec qui il ne peut pas communiquer", explique la porte-parole de la Fédération suisse des sourds Sandrine Burger jeudi dans La Matinale.

"Les médecins ne sont pas formés à réagir, ne comprennent même pas ce que c'est qu'une personne sourde", poursuit-elle. "Quand on arrive aux urgences, on est perdu, inquiet. Mais si, en plus, on ne comprend pas ce que disent les personnes face à nous, c'est encore pire."

Importance d'analyser la situation

Dans son combat, la Fédération des sourds peut donc compter sur le soutien de cinq élus fédéraux, Mathias Reynard (PS/VS), Christian Lohr (PDC/TG), Regula Rytz (Verts/BE), Barbara Gysi (PS/SG) et Marco Romano (PDC/TI). "On est un pays où la question linguistique est très forte, et on a jusqu'à aujourd'hui toujours oublié les trois langues des signes", déplore ce dernier, qui pense que certaines personnes ne connaissent même pas l'existence de ces trois langues différentes.

"On a une volonté d'éviter l'exclusion, d'éliminer des obstacles dans la vie quotidienne, d'analyser la situation globale dans le pays", poursuit Marco Romano.

Et pour disposer de cette vision nationale, les cinq élus demandent au Conseil fédéral d'établir un rapport puis des mesures concrètes pour favoriser l'inclusion des personnes sourdes dans la société. Mais le Parlement devra d'abord se prononcer.

Marie Giovanola/oang

Publié le 28 juillet 2019 à 07:50 - Modifié le 28 juillet 2019 à 09:07