Modifié le 21 juillet 2019 à 11:20

"Le plus dangereux des djihadistes suisses" aurait été arrêté en Syrie

La famille du Genevois se trouve dans le camp d'internement d'Al-Hol contrôlé par les Forces démocratiques syriennes (FDS).
"Le plus dangereux des djihadistes suisses" aurait été arrêté en Syrie Le Journal horaire / 1 min. / le 21 juillet 2019
Un Genevois a été arrêté le 18 juin près de Baghouz, en Syrie, par des milices kurdes, selon la presse dominicale. Pour les experts du contre-terrorisme, il s'agit du "plus dangereux des djihadistes suisses."

L'information est donnée dimanche par Le Matin Dimanche, la SonntagsZeitung et la NZZ am Sonntag, citant différents services de sécurité. Il est le seul Suisse figurant sur une liste d'Interpol de 173 noms, une "brigade de martyrs" formés aux attentats à l'étranger. Les autorités étaient sans nouvelles de lui depuis près d'un an.

Blessé lors de son arrestation, après trois mois de cavale, l'homme se trouve actuellement dans une prison kurde dans le nord de la Syrie. Agé de 24 ans, il s'est radicalisé en 2014 en fréquentant la mosquée du Petit-Saconnex (GE), avant de rejoindre les rangs du groupe Etat islamique (EI). Il s'est marié sur place et est père d'un bébé de 11 mois.

Au moment de sa capture, sa famille se serait déjà trouvée dans l'immense camp d'internement d'Al-Hol contrôlé par les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Deux sœurs genevoises dans le même camp

Le Conseil fédéral enquête par ailleurs, actuellement, sur le rapatriement de deux filles de la région genevoise qui vivent elles aussi dans ce camp, rapporte la NZZ am Sonntag.

Il s'agirait de deux demi-sœurs qui auraient été emmenées par leur mère en Syrie en 2016. Le retour de la mère n'est pas prévu.

Milliers de djihadistes présumés détenus

Sur place, la coalition arabo-kurde qui a mis fin au "califat" de l'EI en Syrie avec le soutien des Etats-Unis, réclame la mise en place d'un tribunal international spécial. Basée dans le nord-est de ce pays, l'institution serait chargée de juger les crimes commis par l'organisation djihadiste.

Mais la situation est compliquée d'un point de vue juridique. Le Kurdistan syrien, où des milliers de djihadistes présumés - dont un millier d'étrangers - sont actuellement détenus, n'est pas une entité reconnue internationalement. Les FDS demandent aussi régulièrement aux pays étrangers de rapatrier leurs ressortissants liés à l'EI, ce que beaucoup refusent de faire activement, à l'image de la Suisse.

oang avec ats

Publié le 21 juillet 2019 à 10:18 - Modifié le 21 juillet 2019 à 11:20