Modifié le 28 juin 2019 à 22:01

Quarante ans de conquêtes de l'UDC sur notre carte interactive

L'UDC est devenue le premier parti dans les trois quarts des communes du pays.
L'UDC est devenue le premier parti dans les trois quarts des communes du pays. 19h30 / 2 min. / le 28 juin 2019
En quatre décennies, l'UDC est devenue le premier parti dans les trois quarts des communes de Suisse, multipliant par trois sa domination territoriale lors des élections fédérales. Tous les autres partis traditionnels en ont fait les frais. Voyagez dans le temps avec notre carte.

En 1975, l'UDC sortait en tête dans 559 des plus de 2200 communes actuelles de Suisse (voir encadré). En 2015, ce nombre s'établissait à 1481. Cette conquête territoriale s'est faite aux dépens de l'autre grand parti de droite, le PLR (autrefois libéraux et radicaux séparément), mais surtout des démocrates-chrétiens et des socialistes.

Alors qu'il était en tête dans 701 communes il y a 40 ans, le PDC n'est plus leader que dans 266 d'entre elles. De son côté, le PS a perdu plus de deux fiefs sur trois, passant de 388 à 126.

Si l'UDC est devenue le premier parti du pays, ce n'est pas seulement en se renforçant sur ses bases, mais bien en conquérant de nouveaux territoires, en particulier ceux des démocrates-chrétiens. Selon Andreas Ladner, politologue à l'Université de Lausanne interrogé par SRFdata, le positionnement du PDC, qui visait les centres urbains, a ouvert la porte. "Le PDC a négligé les valeurs conservatrices. (...) Il voulait conquérir les électorats urbains, où il y a plus de voix en jeu, (...) mais le parti s’est affaibli à droite. Cela a donné à l'UDC des opportunités de s’installer dans les régions catholiques."

La vague UDC a aussi modifié l'équilibre politique de la carte. Symbolisé aujourd'hui par le PDC, le PBD et les Vert'libéraux, le centre a perdu du poids dans plusieurs de régions du pays, malgré la naissance de deux nouveaux partis. Il est dominant dans moins d'une municipalité sur dix, contre une sur trois il y a quarante ans.

Quant à la gauche, elle a perdu plus de la moitié des 172 communes où elle arrivait en tête en 1975. Pendant ce temps, la droite est devenue le camp le plus fort sur presque l'ensemble du territoire.

Les bastions de la gauche, du centre et de la droite de 1975 à 2015

Frauenfeld, la plus suisse des communes

La gauche et le PDC ne sont pas les seuls à en avoir fait les frais. Le PLR a aussi cédé du terrain.

Frauenfeld symbolise particulièrement bien l'évolution des forces politiques du pays. Le chef-lieu thurgovien est la commune dont le vote se rapproche le plus de la moyenne suisse depuis 1975. Cette année-là, les quatre premiers partis étaient, dans l'ordre, le PS, le PLR, le PDC et l'UDC. Depuis, l'UDC a triplé son score, pour devenir, de très loin, la force dominante de la ville.

Echallens, le vote romand

C'est à Echallens que le vote se rapproche le plus de la moyenne romande. Son évolution démontre une différence entre Suisse alémanique et Suisse romande. L'UDC a certes progressé, mais le PLR reste le premier parti, d'un souffle. Une situation qui contraste donc avec la commune alémanique standard où l'UDC caracole en tête.

Pour les élections fédérales de 2019, les sondages annoncent une moisson un peu moins fructueuse pour le parti que Christoph Blocher a transformé en rouleau-compresseur. Toutefois, même en cas de de vague verte, la carte ne devrait pas fondamentalement changer de couleur.

>> Ecouter le sujet du 12h30:

La carte interactive des élections depuis 1975
RTS
Le 12h30 - Publié le 28 juin 2019

Tybalt Félix, Angelo Zehr (SRFdata)

Publié le 28 juin 2019 à 12:04 - Modifié le 28 juin 2019 à 22:01