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L'ex-élu de l'UDC Jürg Stahl devrait prendre la présidence du FNS

Jürg Stahl, président de Swiss Olympic et président du Conseil national. [Anthony Anex - Keystone]
Guy Parmelin pourrait placer un ex-Conseiller national UDC à la tête du FNS / La Matinale / 2 min. / le 25 juin 2019
L'ex-conseiller national UDC Jürg Stahl est le favori de Guy Parmelin pour prendre la tête du Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), a appris la RTS. La présidence du Conseil de fondation sera repourvue début 2020.

Le conseiller fédéral en charge de la formation et de la recherche, Guy Parmelin, verrait bien son ancien collègue de parti à la tête du FNS. Jürg Stahl a lui-même confirmé avoir été approché par le Département et il s'est déclaré candidat à la présidence de l'institution.

L'ex-conseiller national vient de quitter le Parlement après vingt ans au sein de la Chambre du peuple, où il a été membre de la Commission de la science. Il est aussi président de l'Association suisse des droguistes et de Swiss Olympic. Sur la base de ce parcours, Jürg Stahl assure que ce poste l'intéresse. Il souhaite notamment que la science devienne plus "populaire et accessible au grand public".

Une incohérence?

Cette nomination, si elle se confirme, va susciter des critiques. Certains politiciens contactés par la RTS - à gauche notamment - y voient une incohérence. "Quand on voit les votes de l'UDC à Berne qui année après année demande de couper dans le budget du FNS, c'est surprenant que les mêmes se retrouvent ensuite parachutés à un poste dans le but d'aller chercher des moyens pour la recherche", estime le conseiller national socialiste Mathias Reynard.

La tâche principale du président est en effet de tisser des liens entre le FNS et la sphère politique. Il doit notamment convaincre le Parlement et le Conseil fédéral d'accorder au monde scientifique des budgets suffisants.

Certains diront aussi que Guy Parmelin place à ce poste un collègue de parti qui vient de quitter le Parlement. Pourtant, un conseiller fédéral qui nomme un membre de son parti à un poste haut placé est monnaie courante à Berne.

Critères remplis

Selon le Département fédéral de l'économie, le président du FNS doit disposer d’un excellent réseau politique, être expérimenté en matière de conduite et sensible aux questions de la recherche et de l’innovation. Le CV de Jürg Stahl semble donc remplir ces critères.

D'ailleurs, l'ex-président du FNS, proposé à l'époque par le PLR Johann Schneider-Ammann était... un libéral-radical, en la personne du Tessinois Gabriele Gendotti. Contacté, cet ancien conseiller d’Etat considère que pour ce poste "l'étiquette politique importe peu".

Du côté des quelques dirigeants de hautes écoles et d'université sondés par la RTS, cette possible nomination ne surprend pas. On considère que la science sait toujours avancer, qu'elles que soient les contraintes politiques.

Julien Bangerter/gma

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