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Après la grève nationale des femmes, les projets politiques se préparent

Les revendications de la grève des femmes se retrouvent dans les propositions des parlementaires. [RTS]
Les revendications de la grève des femmes se retrouvent dans les propositions des parlementaires. / 19h30 / 2 min. / le 16 juin 2019
Après la grève des femmes, le temps est venu de traduire l'appel de la rue en projets politiques concrets. De gauche à droite, les partis ont multiplié les propositions ce week-end. Des discussions auront lieu cette semaine.

La conseillère fédérale Viola Amherd, entourée d'élues de tous bord politiques sur la place fédérale, le vendredi 14 juin. [Peter Klaunzer - Keystone]La conseillère fédérale Viola Amherd, entourée d'élues de tous bord politiques sur la place fédérale, le vendredi 14 juin. [Peter Klaunzer - Keystone]L'image était forte et pleine de symbolique. Une conseillère fédérale, Viola Amherd, avec plusieurs élues de gauche comme de droite, solidaires sur la place fédérale à Berne. Comme si les revendications de la rue étaient au seuil du Palais.

Deux jours après la grève qui a rassemblé des centaines de milliers de femmes dans toute la Suisse, il s'agit à présent de traduire les attentes en projets politiques concrets.

"Au sein du Parlement, il y a beaucoup de personnes, même à droite ou qui n'ont pas manifesté le 14 juin, qui sont sensibles à cette question de l'égalité. Elles vont peut-être avoir ce petit coup de pouce nécessaire pour basculer du bon côté", espère la conseillère nationale PLR vaudoise Isabelle Moret.

>> Relire le récit de la journée de grève: Des centaines de milliers de femmes ont pris part à la grève nationale

Listes paritaires, congé parental et crèches abordables

Ce dimanche, il n'y avait plus de grévistes à Berne. Mais toujours des femmes: des sportives pour la course féminine suisse. Parmi les coureuses, la Bernoise Aline Trede, dont le parti Les Verts a déposé une salve d'interventions au Parlement. La plus spectaculaire réclame des listes paritaires pour les élections au Conseil national.

L'UDC zurichoise a une liste sur laquelle figure plus de personnes qui s'appellent Martin que de femmes.

Aline Trede [RTS]
Aline Trede, conseillère nationale Les Verts/Be

"Je suis sûre que nous devons avoir une réglementation pour que les personnes n'aient plus le choix. L'UDC zurichoise, par exemple, a une liste sur laquelle figure plus de personnes qui s'appellent Martin que de femmes. Donc actuellement, ça ne fonctionne pas."

Les Verts ne sont pas les seuls à donner de la voix dans ce combat. Tous les partis y vont de leurs propositions: contre le harcèlement sexuel, pour de meilleures conditions salariales et fiscales ou encore en faveur de retraites plus équitables.

Pour la conseillère nationale bernoise vert'libérale Kathrin Bertschy, l'égalité dépend de trois points clés: "Nous avons besoin d'un congé parental à se partager équitablement; nous avons besoin de crèches abordables, elles sont plus chères en Suisse qu'ailleurs; et nous avons besoin d'une imposition individuelle pour les couples."

Nous avons besoin d'un congé parental à se partager équitablement (...) de crèches abordables (...) et d'une imposition individuelle pour les couples.

Kathrin Bertschy [RTS]
Kathrin Bertschy, conseillère nationale vert'libérale / BE

Un test pour connaître l'impact réel

Un premier test aura lieu cette semaine. Le Conseil des Etats débat du congé paternité et du pourcentage de femmes au sein des grandes entreprises. Un moyen de mesurer l'impact réel de la grève des femmes.

Pour faire de véritables pas en avant, il faut changer les majorités au Parlement.

Flavia Wasserfallen [RTS]
Flavia Wasserfallen, conseillère nationale PS/BE

"Si cette petite mesure ne passe pas, je suis sûre que lors des élections d'octobre, les gens vont vraiment décider si les partis qui sont maintenant au pouvoir ont amené des progrès pour l'égalité ou si ce sont d'autres partis qu'ils faudra soutenir. Pour faire de véritables pas en avant, il faut changer les majorités au Parlement", estime la bernoise Flavia Wasserfallen, conseillère nationale PS.

L'histoire dira si la journée du 14 juin 2019 aura vraiment permis de faire évoluer les questions d'égalité.

Rouven Gueissaz / fme

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