Grand Format Elections fédérales

La Suisse des contrastes

Introduction

Quelle ville en Suisse compte le plus de retraités? Quelle est la commune la moins motorisée du pays? Où les habitants consomment-ils le plus de surface de logement? Pendant une semaine, les correspondants au Palais fédéral dressent la carte des extrêmes en Suisse avec chaque jour des reportages et témoignages en direct dans La Matinale, le 12h30 et Forum.

Chapitre 01

L'itinéraire

Chapitre 02

Le logement

En matière de logement, la situation est très différente suivant les régions, selon une étude de l'Office fédéral du logement. Au Tessin, en Suisse orientale ou au nord-ouest, il n'y a pas trop de difficultés pour trouver un logement. En revanche, il faudra plus de détermination et de patience pour un appartement sur l'Arc lémanique ou dans la région de Zurich, où la demande dépasse toujours l'offre.

Un déséquilibre existe également entre le marché locatif - qui se détend globalement - et le marché de la propriété. Cette tendance s'observe depuis quelques années déjà, mais l'écart se creuse. L'offre de location est légèrement excédentaire, alors que la demande pour un logement en propriété est trop élevée par rapport aux biens disponibles.

Reste que les loyers peinent à baisser, malgré un taux hypothécaire de référence historiquement bas, et que le prix du logement continue de peser lourd dans le budget des ménages. Par ailleurs, l'accès à la propriété demeure exclu pour une grande partie de la population, en raison de conditions d'octroi des prêts de plus en plus restrictives.

Küsnacht (ZH) et Vernier (GE)

C'est à Vernier, commune de l'agglomération genevoise, que l'on retrouve la plus faible surface moyenne de logement par habitant (31 m2-habitant).
Mathieu Henderson - RTSinfo
La Matinale - Publié le 12 juillet 2019
 

Les quelque 14'000 habitants de Küsnacht disposent en moyenne de 54 m2 pour se loger. Cette commune, située sur la Goldküste zurichoise, est la plus gourmande en surface de logement de toute la Suisse. Loyers qui explosent, logements vacants, densité du bâti: nous nous y sommes rendus pour évoquer les questions d'aménagement du territoire.

La carte du taux de vacance en Suisse:

A l'opposé de Küsnacht, c'est à Vernier que l'on retrouve la plus faible surface moyenne de logement par habitant (31 m2/habitant). Cette commune de l'agglomération genevoise est d'ailleurs l'une disposant d'un des plus faibles taux de vacance du pays. Laboratoire social, elle est également pionnière en matière de participation des habitants.

La carte de la densité de population (habitants par hectare):

Le reportage du 12h30

A Vernier (GE), commune où la densité est la plus forte, la RTS s'est rendue dans le quartier des Libellules, un modèle de cité réaménagée et repensée par ses habitants, dans une démarche participative.

Une tout autre réalité a aussi été explorée par la RTS dans la commune de Küsnacht (ZH), sur la très chic rive orientale du lac de Zurich. Ici, certains biens immobiliers peuvent coûter jusqu’à 40 millions de francs, mais la commune tente de préserver la mixité sociale.

Dans la commune de Küsnacht (ZH), sur la très chic rive orientale du lac de Zurich, certains biens immobiliers peuvent coûter jusqu’à 40 millions de francs.
Camille Degott - RTSinfo
Le 12h30 - Publié le 12 juillet 2019

Les rencontres

"Je suis choquée!" C'est ainsi qu'a réagi Mauriane Ongolo, qui vit dans le quartier des Libellules à Vernier (GE), lorsque la RTS lui a appris que sa commune détenait le record suisse de la plus petite surface habitable par habitant.

"Ce n'est pas si petit! Mais peut-être que Vernier compense avec tous ses espaces verts". Selon Mauriane Ongolo, c'est sûrement grâce à eux que les habitants n'ont pas le sentiment de vivre dans un espace exigu.

Mauriane Ongolo
L'actu en vidéo - Publié le 12 juillet 2019

Visite guidée avec le travailleur social Robin Realini du quartier des Libellules à Vernier, qui s'est fortement transformé ces dernières années: 

Final visite vernier
L'actu en vidéo - Publié le 12 juillet 2019

Le débat

A la fin de l’année, le taux de logements vacants devrait atteindre 3%, un record. Dans certaines régions de Suisse romande comme le Gros de Vaud, le Bas-valais ou dans certaines communes fribourgeoises, où les immeubles ont littéralement poussé comme des champignons, il arrive même que les premiers loyers soient offerts aux nouveaux locataires.

Dès lors faut-il craindre une bulle immobilière? Doit-on intervenir pour éviter les quartiers fantômes?

"Logements vacants, catastrophe annoncée?" Pour en débattre, Forum reçoit:

  • Yannick Buttet, président de Collombey-Muraz en Valais
  • Vassilis Venizelos, député vert vaudois et urbaniste
  • Patrick Delarive, promoteur immobilier, directeur de Delarive Groupe
  • Thomas Veraguth, économiste chez UBS

A la fin de l’année, le taux de logements vacants devrait atteindre 3%, un record.
Salvatore Di Nolfi
Forum - Publié le 12 juillet 2019
 

Chapitre 03

La vieillesse

Comme l'ensemble des autres pays industrialisés, la Suisse est touchée par un phénomène démographique qui semble inexorable: le vieillissement de la population. La pyramide des âges s'est progressivement transformée. De forme pyramidale en 1900, elle prenait la forme d'une cloche en 1950 et représente aujourd'hui un sapin.

La pyramide des âges en Suisse en 1900, en 1950 et en 2017. La pyramide des âges en Suisse en 1900, en 1950 et en 2017. [OFS] La raison est simple: les Helvètes meurent de plus en plus tard et font de moins en moins d'enfants. En 1900, il y avait en Suisse en moyenne 3,68 enfants par femme, contre 1,52 aujourd'hui. Un chiffre largement insuffisant pour assurer le renouvellement des générations (2,07). Dans le même temps, l'espérance de vie a bondi de manière spectaculaire: de moins de 50 ans (hommes comme femmes) au début du siècle dernier à 81,7 ans pour les hommes et 85,4 ans pour les femmes en 2017.

Prise en charge des personnes âgées, hausse des coûts de la santé, difficultés de financement des retraites: les défis que posent le vieillissement de la population sont multiples. Pour évoquer ces questions, nous sommes rendus à Muri-Gümligen, près de Berne, et à Delémont.

Muri bei Bern (BE) et Delémont

Vue sur l'église Saint-Marcel à Delémont (photo prétexte).
Georgios Kefalas -
La Matinale - Publié le 08 juillet 2019

Muri-Gümligen est la ville de Suisse qui compte le plus de retraités. A la fin 2017, on y dénombrait 13'058 habitants, dont 3521 de 65 ans et plus (27% de la population résidente permanente). Située au bord de l'Aar, cette commune de la banlieue bernoise abrite notamment siège de l'Association suisse de football.

>> Quel est la proportion de retraités dans votre commune? La réponse sur notre carte:

(L'expérience est meilleure sur ordinateur que sur smartphone)

Se rendre à Delémont, le chef-lieu jurassien, permet d'explorer un aspect spécifique du vieillissement: la question des soins. En 2017, pas moins de 7,4% de la population du canton était prise en charge par une institution des soins à domicile, un record au niveau suisse, selon l'Office fédéral de la statistique.

>> Les soins à domicile sont-ils populaires dans votre canton? Voici les chiffres:

Le reportage du 12h30

A Muri bei Bern, les seniors s'organisent pour participer à la vie citoyenne. Sept volontaires sont en train de créer un "Seniorenrat", un conseil des aînés, qui devrait être en place d'ici la fin de l'année. La RTS a rencontré l'un d'entre eux, Urs Aebersold.

A Delémont, la RTS a rendu visite à des aînés bénéficiant de soins à domicile, et à d'autres qui fréquentent un centre de jour plusieurs journées par semaine.

En 2045, la Suisse comptera quelques 2,7 millions de 65 ans et plus.
Pauline Turuban - RTS
Le 12h30 - Publié le 08 juillet 2019

Les rencontres

A 80 ans, Norbert vit à Delémont dans un appartement adapté, où il reçoit quotidiennement des soins à domicile. Ce sont ses enfants qui lui ont trouvé cette solution qui permet de repousser la perspective de l'EMS.

Norbert ne s'estime pas seul, grâce surtout à la présence rapprochée de sa famille mais aussi aux visites du personnel soignant et de son voisinage. Pour lui, être entouré est "essentiel".

Norbert vit en appartement adapté où il reçoit des soins à domicile.
L'actu en vidéo - Publié le 09 juillet 2019

Mais le grand âge peut aussi être synonyme de solitude. Le centre de jour Sur la Doux à Delémont accueille les seniors jusqu'à 3 jours par semaine, et leur propose des activités ou des sorties pour créer du lien. La RTS à assisté à un après-midi "quiz musical" au bord de l'étang de la Montoie à Cornol (JU).

Au menu: deux heures de devinettes musicales animées par le personnel du centre à l'ombre d'une cabane, et un morceau de gâteau servi à 16h00 avant de raccompagner les personnes âgées.

Quiz musical pour seniors
L'actu en vidéo - Publié le 08 juillet 2019

Jean-Pierre, nonagénaire, est l'un des bénéficiaires des prestations de ce centre de jour. Pour cet homme veuf depuis deux ans, il s'agit surtout de s'occuper l'esprit pour "ne pas être seul du matin au soir" et "remuer des choses" qui ne devraient pas l'être.

Cet ancien agriculteur, qui n'a jamais cotisé à une caisse de pension, vit uniquement avec ses quelque 1900 francs d'AVS mensuels. "Ce n'est pas vivable si vous n'avez pas fait quelques économies", relève-t-il.

Nidia, 79 ans, veuve elle aussi, fréquente le centre de jour également pour ne pas être seule. Elle vit chez sa fille depuis le décès de son mari et sent bien que la situation pèse sur leurs relations. Mais elle ne peut faire autrement en raison du manque et de la cherté des places en établissements adaptés.

Nidia attend une place en home
L'actu en vidéo - Publié le 09 juillet 2019

Le débat

Santé, précarité, financement des assurances sociales, place dans la société: ces thèmes illustrent la multiplicité des enjeux liés au vieillissement de la population. Avec l'arrivée à la retraite de la génération du baby-boom, ces questions vont devenir de plus en plus importantes pour la Suisse.

"Fait-il bon vieillir en Suisse?" Pour en débattre, Forum reçoit:

  • Laurent Kurth, conseiller d'Etat socialiste neuchâtelois, chargé de la Santé
  • Isabelle Moret, conseillère nationale PLR vaudoise, présidente de la fédération des hôpitaux H+
  • Alain Huber, secrétaire romand de Pro Senectute
  • Delphine Roulet Schwab, professeure à l'Institut et haute école de la santé la Source, présidente de la Société suisse de gérontologie

Le débat - Fait-il bon vieillir en Suisse?
Forum - Publié le 08 juillet 2019

Chapitre 04

La santé

Les questions de santé figurent depuis de nombreuses années parmi les principales préoccupations des Suisses. Le système de santé helvétique fait en effet face à de multiples défis: explosion des coûts et des primes d'assurance maladie, différends en termes de gestion hospitalière, problème d'accessibilité des soins dans les régions périphériques, etc.

Rendez-vous à Mendrisio (TI) et à Savognin (GR), deux localités qui permettront d'éclairer quelques-unes de ces problématiques.

Mendrisio (TI) et Savognin (GR)

Savognin (Suisse terre de contrastes).
Stéphane Deleury - RTS
La Matinale - Publié le 09 juillet 2019
 

Alors que les cabinets médicaux pullulent dans les villes, la situation est parfois problématique quand on sort des agglomérations, notamment dans les vallées alpines. Savognin (GR), un village de 2400 habitants situé dans la région d'Albula, dispose d'un hôpital. Un bienfait pour les communes environnantes.

Autre endroit, autre problème. A Mendrisio, à la pointe sud du Tessin, on voit défiler des centaines de milliers de camions chaque année. Les concentrations d'ozone et de particules fines y sont parmi les plus importantes du pays. L'occasion de parler des effets des polluants atmosphériques sur l'organisme.

NOx = oxydes d'azote / COV = composés organiques volatils / SO2 = dioxyde de soufre / NH3 = ammoniac / CO = monoxyde de carbone

PM2.5 et PM10 = particules fines de diamètre inférieur à 2,5 et 10 micromètres / BC = black carbon, sous-catégorie des particules fines, formé lors de réactions de combustion

Le reportage du 12h30

C'est à Savognin, dans la commune de Surses (GR), que les habitants doivent en moyenne parcourir la plus grande distance avant de trouver un cabinet médical. La commune abrite un petit hôpital qui offre les service de base, et peine à recruter des médecins.

La RTS s'est aussi rendue à Mendrisio dans le sud du Tessin, la région où l'air est le plus pollué de Suisse. Cette pollution résulte de la grande proximité de l'industrie milanaise, mais aussi du trafic entre la Suisse et l'Italie.

La commune de Savognin abrite un petit hôpital qui offre les service de base, et peine à recruter des médecins.
Stéphane Deleury - RTSinfo
Le 12h30 - Publié le 09 juillet 2019

Les rencontres

Habitante de Mendrisio (TI), Alice s’inquiète pour sa santé et celle de ses deux filles. "Lorsque je me mouche après une journée passée à l’extérieur, le mouchoir est noir à cause du trafic", a-t-elle expliqué à la RTS.

L'été, il lui est difficile de rester à Mendrisio, "l'air que je respire est lourd", note-elle. Mère de deux jeunes enfants de 1 et 4 ans, Alice est préoccupée par le taux élevé d'asthme chez les enfants dans la région. Elle dit essayer de se rendre en montagne dès que possible pour s'oxygéner.

Habitante de Mendrisio (TI), Alice s’inquiète pour sa santé et celle de ses deux filles.
L'actu en vidéo - Publié le 09 juillet 2019

Des dizaines de milliers de véhicules transitent chaque jour par ce principal axe Nord-Sud, pour aller travailler ou faire du shopping, notamment dans la zone industrielle de Mendrisio.

Elle aussi habitante de la ville depuis 38 ans, Carmela estime que le seul moyen de faire diminuer ce ballet incessant serait de rendre les transports publics gratuits. Elle se dit dégoûtée par certaines terrasses de la ville, noircies par le smog.

Carmela Siracusa, habitante de Mendrisio
L'actu en vidéo - Publié le 09 juillet 2019

Giorgio Comi, conseiller municipal de la commune chargé des politiques sociales, serait lui aussi favorable à des transports en commun moins chers. Pour lui, c'est clair, "la haute concentration d’ozone est un problème de santé publique".

Giorgio Comi
L'actu en vidéo - Publié le 09 juillet 2019

Grazia Bianchi, membre d'une association pour l'environnement, ne demande pour sa part pas la gratuité des transports publics, mais plutôt une amélioration des dessertes. Si elle note que les autorités ont déjà bien agi face à la problématique de la pollution atmosphérique, elle juge qu'il faudrait faire encore plus.

Le débat

Il existe en Suisse des disparités en matière d'accès aux services de soin, certaines régions périphériques étant menacées de devenir des déserts médicaux.

Et les écarts existent aussi en matière de vulnérabilité des populations: des études ont en effet montré que le lieu de vie influe sur le risque de développer un ou des problèmes de santé.

"Santé: les Suisses tous égaux?" Pour en débattre, Forum reçoit:

  • Brigitte Rorive, directrice des finances des Hôpitaux universitaires genevois
  • Philippe Nantermod, conseiller national PLR, membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé
  • Stéphane Joost, géographe, spécialiste d'épidémiologie spatiale

Le débat - Santé: les Suisses tous égaux?
Forum - Publié le 09 juillet 2019

Chapitre 05

L'égalité

En cette année électorale, les questions d'égalité femmes-hommes reviennent sur le devant la scène. Les collectifs de femmes ont en effet décidé de faire de 2019 une année féministe. En point d'orgue: la grève des femmes du 14 juin, qui a mobilisé des centaines de milliers de personnes à travers le pays.

Pour évoquer cette problématique, nous avons opté pour le grand écart. D'un côté, la grande ville de Zurich, cité progressiste à la pointe de la lutte pour le droit des femmes. De l'autre, le petit village haut-valaisan d'Unterbäch, apparemment conservateur mais qui se trouve être le premier à avoir donné le droit de vote aux femmes.

Unterbäch (VS) et Zurich

La ville Zurich est bien notée par Avenir Suisse.
Algol / AGF / Photononstop - afp
La Matinale - Publié le 10 juillet 2019

Elles étaient 160'000 selon les syndicats, entre 70'000 et 100'000 selon la police. Une chose est sûre: c'est à Zurich que les femmes ont été les plus nombreuses à manifester le 14 juin 2019. La plus grande ville du pays est depuis longtemps un des bastions de la lutte pour le droit des femmes en Suisse.

C'est pourtant à Unterbäch, dans le Haut-Valais, que les femmes ont pu voter pour la première fois lors d'un scrutin fédéral. C'était le 3 mars 1957, quatorze ans avant que les Suisses n'acceptent de leur accorder ce droit. Les votes féminins, jugés illégaux, n'avaient finalement pas été comptabilisés, mais la date est restée dans l'histoire.

>> Lire aussi: Il y a 60 ans, Vaud devenait le premier canton à accorder le droit de vote aux femmes

Quelques indicateurs de l'inégalité

Parmi les indicateurs de l'inégalité les plus marquants, on retrouve les différences salariales entre hommes et femmes. Le salaire moyen des hommes dans le secteur privé s'élevait à 7798 francs en 2016, contre 6266 francs pour les femmes, soit une différence de plus de 1500 francs. Quarante pour cent de cette différence est qualifiée d'"inexpliquée".

La représentation des femmes dans les fonctions dirigeantes des entreprises est également très inégalitaire. Les conseils d'administrations des 117 plus grandes entreprises ne comptent que 21% de femmes. Et c'est encore pire pour les directions de ces sociétés, qui ne comptent que 9% de femmes.

Et en politique?

Les femmes sont également sous-représentées au niveau politique. Le Conseil national compte 32% de femmes seulement. La situation est encore plus défavorable au Conseil des Etats, avec à peine 13% de femmes. Même constat dans les parlements cantonaux, où les femmes sont loin d'atteindre la parité.

Le reportage du 12h30

L'égalité entre hommes et femmes est importante pour nombre de Zurichois. Les autorités ont des projets pour améliorer la situation et changer les mentalités, notamment en engageant davantage d'hommes dans les crèches.

A Unterbäch (VS), le thème ne laisse personne indifférent, même s'il n'est plus prioritaire. Dans ce village haut-valaisan, peu de femmes se revendiquent féministes.

L'égalité des genres
Nito - Fotolia
Le 12h30 - Publié le 10 juillet 2019

Les rencontres

Rencontrée à Zurich, Julia est mère de trois enfants. Pour elle, la pression sociale, culturelle, qui repose sur les femmes est énorme. "On attend moins des papas en matière d'éducation des enfants", affirme-t-elle. Et placer ses enfants à la crèche n'est pas facile. Il n'est pas aisé de trouver une place, et une fois que c'est le cas, le coût de la prise en charge est très important.

final julia
L'actu en vidéo - Publié le 10 juillet 2019

"Dans mon métier de gestionnaire de fortune, c'est difficile de réduire mon temps de travail", relève pour sa part Branco, père d'un enfant. Grâce à la crèche, lui et sa compagne réussissent à concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale, assure-t-il.

final branco
L'actu en vidéo - Publié le 10 juillet 2019

En matière d'égalité, le canton de Zurich a pris des mesures, indique la conseillère d'Etat Jacqueline Fehr. La mesure la plus concrète est le recrutement anonyme. En plus de favoriser l'égalité, l'anonymité permet d'éviter les biais qui empêchent de recruter la bonne personne pour le poste au concours, explique la socialiste.

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L'actu en vidéo - Publié le 10 juillet 2019

Jacqueline Fehr se dit favorable à des mesures ciblées plutôt qu'à des quotas pour améliorer la représentativité des femmes dans l'administration. Elle n'est toutefois pas totalement contre l'idée des quotas. Sa carrière politique a d'ailleurs été lancée grâce à cela, relève-t-elle.

finlal-fehr-quotas
L'actu en vidéo - Publié le 10 juillet 2019

Le débat

On l'a vu, la parité est loin d'être atteinte en politique. Et en comparaison internationale, la Suisse fait plutôt partie des mauvais élèves. Alors que les élections se tiendront dans un peu plus de trois mois, les Chambres fédérales vont-elles se féminiser?

"Comment atteindre l'égalité en politique?" Pour en débattre, Forum reçoit:

  • Aurélie Friedli, conseillère municipale socialiste à Bernex (GE), membre de l'organisation de défense des femmes Alliance F
  • Christa Markwalder, conseillère nationale PLR bernoise
  • Cédric Dupraz, conseiller communal POP au Locle
  • Emanuel Waeber, secrétaire général de l'UDC Suisse, député au Grand Conseil fribourgeois

Le débat - Comment atteindre la parité en politique?
Forum - Publié le 11 juillet 2019

Chapitre 06

L'environnement

A quelques mois des élections fédérales, rien ne semble pouvoir stopper la vague climatique. Les partis écologistes sont portés par le courant, tandis que les autres tentent de s'y accrocher ou d'y résister. Reste que toutes les formations politiques sont désormais forcées à se positionner sur cette question devenu l'une des préoccupations principales des Suisses.

Pour illustrer les questions environnementales, cap sur Bâle, championne de la mobilité douce, et Escholzmatt-Marbach, commune où les vaches sont reines.

Bâle et Escholzmatt (LU)

Vélo à Bâle.
Georgios Kefalas - Keystone
La Matinale - Publié le 11 juillet 2019

Avec 333 voitures pour 1000 habitants, Bâle est la ville la moins motorisée du pays. La cité rhénane a-t-elle trouvé la recette miracle en matière de mobilité? Est-ce lié à un désamour des Bâlois pour la voiture ou plutôt à un attrait pour les modes de transport collectifs ou pour la mobilité douce?

Virage à 180° pour se retrouver à Escholzmatt-Marbach. Avec 3590 vaches pour 4358 habitants, cette commune lucernoise de l'Entlebuch possède le plus grand nombre de vaches du pays. Or, les bovins produisent de fortes quantités de méthane, un gaz à effet de serre. L'occasion aussi de parler climat et environnement.

Le reportage du 12h30

A la campagne ou en ville, paysans ou citadins, nombreux sont ceux qui cherchent à minimiser leur empreinte écologique. Par exemple, Beat Krummenacher possède 60 vaches à Escholzmatt-Marbach. Il travaille en bio depuis 20 ans, une manière selon lui de réduire son impact sur la planète. A Bâle, la mobilité douce est reine, mais les cyclistes ne sont pas totalement satisfaits des infrastructures. L'Automobile Club Suisse, en revanche, dénonce l'hostilité des autorités à l'égard des automobilistes.

Escholzmatt (LU), la commune qui produit le plus de méthane de vaches.
Pauline Turuban - RTSinfo
Le 12h30 - Publié le 11 juillet 2019

Les rencontres

Roland Lustenberger est paysan à Escholzmatt-Marbach. Pour lui, "c'est normal" que l'agriculture pollue un peu. "Tant qu'il y aura des vaches, il y aura des émissions de méthane. C'est comme ça." Et ce jeune Lucernois d'ajouter: "Les denrées alimentaires doivent être produites en Suisse, sinon elles doivent être importées de France ou d'Allemagne, et ce n'est pas mieux, non?"

Roland Lustenberger
L'actu en vidéo - Publié le 11 juillet 2019

Beat Krummenacher possède 60 vaches et travaille en bio depuis 20 ans. Pour lui, c'est une manière de réduire son impact environnemental et de rendre à la nature ce qu'elle lui offre.

A Escholzmatt, les éleveurs bio sont minoritaires - environ 15% selon Beat Krummenacher. Il le déplore et souhaiterait qu'ils soient plus nombreux, mais il reconnaît aussi que les normes de l'agriculture bio sont difficile à respecter pour "les éleveurs qui possèdent des vaches laitières à hautes performances", ce qui est le cas de beaucoup d'entre eux dans la commune.

Beat Kummenacher
L'actu en vidéo - Publié le 11 juillet 2019

Rencontré dans les rues de Bâle, Roman Brunner est membre de la section locale de Pro Velo. "Ici, il y a bien sûr de très jolis itinéraires cyclables, mais il y a aussi des zones problématiques", relève-t-il. "Nous ne sommes pas encore arrivés au paradis du vélo. Nous nous battons pour approcher ce paradis", explique ce défenseur de la petite reine.

Roman Brunner, membre de Pro Velo des deux Bâle
L'actu en vidéo - Publié le 11 juillet 2019

Tout le monde n'est pas satisfait par la politique des transports bâloise, à l'instar de l'Automobile Club Suisse. Pour Christian Greif, président de la section locale de l'association de défense des automobilistes, "Bâle est une ville qui est très hostile envers les voitures".

Christian Greif, directeur de l'Automobile club suisse des deux Bâle
L'actu en vidéo - Publié le 11 juillet 2019

Le débat

En général, les écologistes réalisent de meilleurs scores dans les régions urbaines que dans les régions rurales. Les explications sont multiples: importance historique du vote de gauche dans les villes, transports publics plus développés, pollution plus sensible dans les zones densément peuplées, etc.

"Plus facile d'être écolo en ville qu'à la campagne?" Pour en débattre, Forum reçoit:

  • Pierre-André Page, conseiller national UDC fribourgeois
  • Nicolas Walder, président des Verts genevois, membre de l'exécutif de Carouge
  • Nelly Niwa, directrice du Centre interdisciplinaire de la durabilité de l'Université de Lausanne
  • Magali Estève, responsable de projets à AGRIDEA, l'association suisse pour le développement de l'agriculture et de l'espace rural

Le débat - Plus facile d'être écolo en ville qu'à la campagne?
Forum - Publié le 11 juillet 2019

Crédits

  • Réalisation web

    Pauline Turuban, Mathieu Henderson, Didier Kottelat

  • Reportages radio

    Camille Degott, Marie Giovanola, Alexandra Richard, Stéphane Deleury, Marc Menichini, Thibaut Schaller