Modifié le 11 juin 2019 à 18:20

La Suisse retirée de la liste noire des pays violant la liberté syndicale

Le conseiller fédéral Guy Parmelin.
La Suisse retirée de la liste noire des pays violant la liberté syndicale: interview de Guy Parmelin Forum / 1 min. / le 11 juin 2019
La Suisse a été retirée de la liste noire des pays accusés de violer la liberté syndicale. L'Organisation internationale du Travail (OIT) reprochait à la Suisse de ne pas assez protéger ses travailleurs actifs dans des syndicats.

L'annonce lundi d'une médiation entre les syndicats et les patronats menée par le conseiller fédéral en charge de l'Economie Guy Parmelin a permis le retrait de cette liste qui comptait une quarantaine de pays et qui en compte finalement 25.

Pour Guy Parmelin, interrogé par la RTS, "nous avons convenu d'initier une médiation externe, neutre avec les partenaires sociaux. L'objectif est clair: trouver une solution à une problématique qui dure depuis une quinzaine d'années". "Mon rôle est de préparer la médiation, le cadre, de soumettre une liste de noms de personnalités susceptibles d'assumer la médiation. Il faut que chacun soit d'accord", a-t-il encore précisé.

L'objectif de cette médiation est d'élaborer d'ici un an des propositions permettant d'élever le niveau de protection contre le licenciement abusif de syndicalistes pour le rendre conforme aux conventions de l'OIT.

L'USS continuera à mettre la pression

Concrètement, l'OIT reprochait à la Suisse de ne pas protéger suffisamment les personnes actives dans des syndicats en cas de licenciement pour leurs efforts dans ce cadre. Certes, le droit suisse considère qu'un licenciement est abusif lorsque celui-ci est lié à une activité syndicale légale, mais le dédommagement maximal est de six mois de salaire. Pour l'OIT, cette compensation ne suffit pas.

L'Union syndicale suisse a indiqué dans un communiqué qu'elle approuvait cette décision et que le changement de cap de Guy Parmelin était une bonne nouvelle. Elle dit y voir "une vraie opportunité d'adapter enfin le droit suisse en cas de licenciement aux normes internationales", car à ses yeux le Conseil fédéral a toujours refusé de mettre en oeuvre les recommandations de l'OIT en la matière.

L'USS a également précisé qu'elle continuerait à mettre la pression sur le gouvernement pour s'assurer d'améliorations concrètes.

Interrogé dans l'émission Forum, Pierre-Yves Maillard, président de l'USS, relève que "pour la première fois, nous avons le sentiment que le Conseil fédéral prend au sérieux cette question et veut une solution".

>> Son interview complète dans Forum:

Pierre-Yves Maillard, président de l'Union Syndicale Suisse.
Gaetan Bally - Keystone
Forum - Publié le 11 juin 2019

mg/boi

Publié le 11 juin 2019 à 14:21 - Modifié le 11 juin 2019 à 18:20