Modifié le 07 juin 2019 à 16:39

L'écart salarial peut atteindre 5% dès l'entrée sur le marché du travail

Une étude lausannoise montre que les écarts salariaux se creusent bien avant la fondation d'une famille, dès l'entrée sur le marché du travail.
L'inégalité salariale se creuse jusqu'à 5 % dès l'entrée sur le marché du travail Le Journal horaire / 1 min. / le 07 juin 2019
Une différence de salaire inexpliquée de 4 à 5% est constatée entre hommes et femmes dès l'entrée sur le marché du travail indépendamment de la formation, de l'expérience et du type d'activité, selon une étude lausannoise.

En Suisse, les femmes gagnent environ 20% de moins que les hommes, une différence souvent expliquée par une répartition inégale des tâches au sein du ménage. Selon cet argument, l’écart des salaires se creuse après la naissance d’un enfant, quand les hommes se concentrent sur le travail rémunéré et les femmes sur les responsabilités familiales, lit-on vendredi dans une étude publiée par la revue Social Change in Switzerland.

Sauf que les inégalités salariales commenceraient bien avant la fondation d'une famille, selon ses auteurs. Benita Combet et Daniel Oesch, rattachés au Pôle de recherche national LIVES (UNIL), ont analysé deux enquêtes différentes et comparé les salaires d’un panel d'hommes et de femmes sans enfant âgés de 20 à 30 ans. Leur analyse montre que l’inégalité salariale est pratiquement immédiate et qu'elle atteint 4 à 5% dès l'entrée sur le marché du travail. Exprimé en salaire annuel, cet écart signifie que les jeunes femmes sans enfant touchent un demi-mois de salaire de moins.

150 francs de différence dans la vente

Concrètement, cela signifie que dans le domaine de la vente, au bout d’un an et demi d’expérience professionnelle, les hommes parviennent à franchir le seuil des 4000 francs, alors que les femmes ne gagnent qu’environ 3850 francs.

Dans l’industrie, les jeunes hommes ayant une formation professionnelle supérieure gagnent plus de 6000 francs, tandis que les jeunes femmes gagnent moins de 5800 francs. Enfin, pour les jeunes diplômés universitaires travaillant dans les banques et assurances, les salaires de départ des hommes sont supérieurs de 400 francs à ceux des femmes.

ats/ani

Publié le 07 juin 2019 à 15:58 - Modifié le 07 juin 2019 à 16:39

Méthodologie de l'étude

Les auteurs de l'étude ont utilisé trois modèles pour leurs calculs. Le premier prend uniquement en compte les différences avant l’entrée sur le marché du travail (niveau et domaine de formation, notes finales) et montre que les femmes gagnent 4 à 4,5% de moins.

Le deuxième modèle prend également en compte la situation sur le marché du travail et le type d’activité professionnelle exercée, et la différence inexpliquée monte à 4,8%. Ce modèle contient tous les facteurs déterminants pour le salaire comme l’expérience professionnelle, les caractéristiques du poste, la taille de l’entreprise et le secteur.

Enfin, un troisième modèle examine également si la différence salariale peut s’expliquer par des facteurs qui ne devraient pas affecter le salaire comme les valeurs personnelles et l’état civil. Avec ces variables de contrôle, la différence salariale inexpliquée est quelque peu réduite, mais se situe encore entre 3,6 et 4,8%.