Modifié le 23 mai 2019 à 23:00

Le Conseil fédéral persiste à rejeter toute forme de congé paternité

Le conseil fédéral rejette le congé paternité de deux semaines. Il préfère développer une offre d'accueil extra-familiale
Le conseil fédéral rejette le congé paternité de deux semaines. Il préfère développer une offre d'accueil extra-familiale 19h30 / 1 min. / le 23 mai 2019
Les employeurs ne doivent pas être obligés d'accorder un congé paternité rémunéré, estime le Conseil fédéral. Après l'initiative, il rejette également le contre-projet indirect d'une commission des Etats.

La commission de la sécurité sociale du Conseil des Etats propose un congé paternité de deux semaines, soit un compromis par rapport à l'initiative - déjà balayée par le gouvernement sans contre-proposition - qui demande quatre semaines (lire encadré.) Et cette solution de la chambre haute a ses chances au Parlement.

Mais le gouvernement n'en veut pas non plus. Dans son avis sur le projet de la commission, publié jeudi, il estime important d'encourager des conditions de travail favorables à la famille mais préfère privilégier le développement d'une offre d'accueil extrafamiliale et parascolaire.

Un congé aux bénéfices limités

Le congé paternité fait partie des mesures permettant de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle, reconnaît le Conseil fédéral. Mais il bénéficie uniquement aux jeunes familles justes après la naissance de l'enfant, fait-il remarquer, estimant que le développement d'une meilleure offre d'accueil extrafamilial et parascolaire présente un meilleure rapport coût-bénéfices que le congé paternité.

Les conséquences financières du projet de la commission font aussi reculer le gouvernement: financée par le régime des allocations pour perte de gain (APG), l'instauration des deux semaines de congé paternité prévue pour 2022 coûterait environ 230 millions de francs cette année-là. Il faudrait dès lors faire passer les cotisations APG de 0,45% à 0,5% du salaire au 1er janvier 2022.

>> Ecoutez le débat entre Mathias Reynard, conseiller national (PS/VS), et Blaise Matthey, directeur de la Fédération des entreprises romandes

Mathias Reynard et Blaise Matthey (dte).
Keystone
Forum - Publié le 23 mai 2019

ats/oang

Publié le 23 mai 2019 à 17:31 - Modifié le 23 mai 2019 à 23:00

Une initiative face à l'inaction du Parlement

En 2016, le National avait enterré une initiative parlementaire de Martin Candinas (PDC/GR), exigeant deux semaines de congé, par seulement 97 voix contre 90 et 5 abstentions et le Parlement a déjà traité plus d'une douzaine d'interventions sur le sujet.

L'initiative populaire a été lancée en réaction à l'inaction du Parlement par des syndicats et des associations dont Travail.Suisse, Pro Familia Suisse, Alliance F et la faîtière d'hommes et de pères "männer.ch".

Il y a un an, le Conseil fédéral avait proposé au Parlement de rejeter l'initiative sans prévoir d'alternative.