Modifié le 23 mai 2019 à 18:39

Les 9-16 ans toujours plus confrontés aux situations à risque sur le web

Un tiers des élèves interrogé disent avoir déjà vu des représentations à caractère sexuel  (image d'illustration).
Les 9-16 ans toujours davantage confrontés aux situations à risque sur le web Le 12h30 / 1 min. / le 23 mai 2019
Images violentes ou pornographiques, messages à caractère sexuel, cyberharcèlement: de plus en plus d'élèves sont confrontés à ces risques sur internet en Suisse, selon une enquête.

L'étude EU Kids Online Suisse, financée en partie par la Confédération, a été menée en 2018 par la Haute école pédagogique de Schwyz auprès de 1000 élèves alémaniques et romands de 9 à 16 ans. Elle a été présentée jeudi à l'occasion du 4e Forum de la Plateforme nationale Jeunes et médias à Berne.

Les questions portaient sur les expériences à risque de ces élèves sur internet. Et les résultats montrent un tableau plutôt sombre de certaines expériences numériques vécues par la jeunesse suisse.

Selon cette étude, plus de 90% des 15-16 ans ont déjà été confrontés au moins une fois à une situation à risque. Ce taux croît avec l'âge. Si un élève de 9-10 ans sur quatre indique s'être retrouvé dans une telle situation, cette proportion passe à un sur deux dans la catégorie des 11-12 ans et à près de neuf sur dix (88%) chez les 13-14 ans.

Images sexuelles fréquentes

Un total de 35% des 9-16 ans disent avoir vu des représentations à caractère sexuel, allant d'images érotiques à de la pornographie illégale - le plus souvent de manière non intentionnelle. Ce phénomène ne touche que très peu les plus jeunes (4% des 9-10 ans) mais fortement les 15-16 ans (63%).

Deux jeunes sur dix ont déjà reçu des messages sexuels et ils sont presque aussi nombreux à avoir été sollicités pour fournir des informations sexuelles les concernant.

Et de très nombreux enfants tombent sur du contenu dit "problématique": la moitié des élèves interrogés ont vu - en navigant sur la toile - des images violentes, du contenu sur la consommation de drogues ou encore sur le suicide.

Le cyberharcèlement plutôt rare

En matière de cyberharcèlement, en revanche, le chiffre surprend: seuls 3% de tous les jeunes interrogés disent avoir été victimes de manière répétée à ces attaques via messageries et réseaux sociaux. Mais ils sont tout de même 8% dans la tranche des 15-16 ans, qui est d'ailleurs la tranche d'âge la plus exposée à l'ensemble des situations à risque Mais qu'ils soient fille ou garçon, les enfants vivent ces mauvaises expériences dans les mêmes proportions.

Manque de conscientisation des parents

Et face au développement du numérique, il est difficile de lutter contre cette tendance. "Le problème est que les parents ne sont pas toujours conscients des risques encourus par leurs enfants et qu'ils se fient un peu trop aux filtres parentaux donnés par les fournisseurs de ces services" relève Liliane Galley, cheffe de projet à la plateforme nationale "Jeunes et Médias" de la Confédération, dans le 12h30. "Et ces filtres ont montré qu'ils étaient insuffisants."

La prévention elle aussi s'avère compliquée. "Pour prévenir et protéger, il faut d'abord connaître et comprendre", souligne Liliane Galley. "Et le problème, c'est que l'évolution technologique, l'évolution des réseaux sociaux, est très rapide et les adultes - parents ou enseignants - peinent à suivre cette évolution."

Cette spécialiste déplore par ailleurs la faiblesse des moyens alloués actuellement à la prévention. "On est vraiment dans une situation de David contre Goliath", dit-elle.

>> Ecouter l'interview de Liliane Galley dans le 12h30:

L'Europe a pris du retard dans le développement de la technologie 5G face à la Chine notamment.
Christian Beutler - Beutler
Le 12h30 - Publié le 23 mai 2019

Marc Menichini/oang

Publié le 23 mai 2019 à 11:37 - Modifié le 23 mai 2019 à 18:39