Modifié jeudi à 19:08

Certains acceptent une initiative en pensant qu'elle sera ensuite adoucie

En moyenne, un peu plus de 6% des électeurs votent de manière compensatoire.
Certains Suisses votent de manière compensatoire sur les initiatives Le Journal horaire / 25 sec. / jeudi à 18:00
Environ 6% des citoyens suisses n'hésitent pas à approuver une initiative qu'ils jugent trop radicale, selon une étude publiée jeudi. Ils misent sur le fait que le gouvernement va l'adoucir lors de son application.

L'étude a été réalisée par le Centre d'études sur la démocratie Aarau (ZDA). Elle a analysé pour la première fois le vote dit "compensatoire" dans les initiatives populaires sur la base des analyses Vox de 1993 à 2005.

Ce type de vote est avant tout une question d'anticipation: dans le cas d'une initiative populaire, l'électeur prévoit comment elle sera mise en œuvre par les autorités si elle est adoptée, et accepte une demande qui est jugée trop radicale. Il considère que la mise en œuvre de cette initiative sera décidée par des organes qui s'y opposaient jusqu'alors.

Une situation potentiellement risquée

La confiance envers les institutions influence également ce type de vote: moins un électeur fait confiance au gouvernement, plus il est susceptible de voter de cette manière. Le résultat d'une votation n'est donc jamais la reproduction exacte de la "véritable volonté du peuple", conclut l'étude.

Et cette situation est risquée, estiment les chercheurs, parce que la légitimité des décisions en démocratie directe repose sur l'hypothèse qu'elles reflètent les attitudes politiques individuelles des électeurs.

Des électeurs comparés aux joueurs d'échecs

Les électeurs qui compensent ne mettent pas pour autant en danger la démocratie, selon l'un des co-auteurs de l'étude. "Les électeurs sont avant tout des êtres rationnels "qui, comme les joueurs d'échecs, essaient d'anticiper les prochaines étapes. Notre analyse montre qu'ils ont souvent raison", relève Thomas Milic.

ats/oang

Publié jeudi à 18:39 - Modifié jeudi à 19:08

Un vote qui varie selon les cas

En moyenne, un peu plus de 6% des électeurs votent de manière compensatoire, mais cette valeur varie toutefois considérablement d'une initiative à l'autre.

Le scrutin où le vote compensatoire a été le plus marqué (14,8 %) est l'initiative populaire "Contre l'immigration illégale" en1996. Celui où il a été le moins important (2,2 %) est l'initiative populaire "Oui à l'Europe" en 2001.

Plus les électeurs sont âgés, plus ils ont tendance à voter de manière compensatoire. Plus expérimentés que les jeunes électeurs, ils ont vu l'une ou l'autre initiative populaire mise en oeuvre souvent sous une forme plus "lisse".