Modifié le 17 mai 2019 à 07:21

Les Suisses voteront uniquement sur les avions de combat, décide Berne

Le Conseil fédéral dévoile sa stratégie pour les avions de combat. Les Suisses voteront.
Le Conseil fédéral dévoile sa stratégie pour les avions de combat. Les Suisses voteront. 19h30 / 2 min. / le 16 mai 2019
Le Conseil fédéral a décidé jeudi de suivre en partie le rapport de l'astronaute Claude Nicollier sur la défense aérienne, présenté au début du mois. Le peuple ne votera ainsi que sur l'acquisition d'avions de combat, mais pas sur le modèle.

Les convictions de l'expert Claude Nicollier constituent désormais en partie la position officielle du Conseil fédéral qu'est venue présenter jeudi devant la presse la ministre de la défense Viola Amherd (DDPS).

>> Lire aussi: Le peuple doit voter uniquement sur l'achat d'avions, selon Claude Nicollier

La votation devrait avoir lieu en septembre ou en novembre 2020. Un projet devrait être remis au Parlement au plus vite, vers l'automne. Le gouvernement ne se prononcera sur le type d'avion qu'après le scrutin populaire. En parallèle, l'achat d'un système de défense sol-air de longue portée figurera quant à lui dans le programme d'armement ordinaire.

Budget revu à la baisse et critiqué

Claude Nicollier plaidait pour l'achat de 40 nouveaux avions pour un budget approximatif de neuf milliards de francs, mais le Conseil fédéral a fixé à six milliards au maximum le montant de cette dépense. Insuffisant pour acquérir les 40 appareils, selon la Société suisse des officiers.

La cheffe du DDPS est aussi revenue sur les reproches de l'économie suisse, qui regrette que les contre-affaires passent à 60%, au lieu de 100%. L'avionneur qui décrochera le contrat devra ainsi investir 60% du montant total en Suisse dans les "offsets", ces affaires compensatoires réalisées dans le cadre d'achat d'armements à l'étranger.

"Si on demande 100%, les dépenses seront plus élevées", explique Viola Amherd. "On peut garantir l'innovation dans le domaine de l'industrie sécuritaire avec ces 60%. Au-delà, on soutiendrait des industries qui n'ont rien à faire avec les technologies sécuritaires."

>> L'interview de la ministre de la défense Viola Amherd:

Viola Amherd.
Peter Schneider - Keystone
Forum - Publié le 16 mai 2019

L'UDC veut un milliard de plus

L'UDC est convaincu que les Suisses diront oui à une meilleure défense aérienne, selon le conseiller national zougois Thomas Aeschi. En revanche, il considère que la limite de six milliards est trop basse. Il demande au moins un milliard de plus afin de pouvoir optimiser l'achat des avions de combat et assurer d'en avoir au moins 40.

Le PS a de son côté rappelé son opposition à la stratégie d'achat. "La police de l'air n'a pas besoin d'avions ultra-performants, extrêmement coûteux, bruyants et émettant beaucoup de CO2", a dit le conseiller national jurassien Pierre-Alain Fridez. Les socialistes insistent également sur l'importance pour la population de connaître le type d'avion avant de voter, un choix que se réserve le gouvernement.

ats/ani

>> Ecouter aussi le sujet du 12h30:

Mardi 30 avril: un Boeing F-A-18 Super Hornet décolle de la base aérienne de Payerne (VD) lors de tests pour l'acquisition de nouveaux avions de combat.
Valentin Flauraud - Keystone
Le 12h30 - Publié le 16 mai 2019

Publié le 17 mai 2019 à 07:20 - Modifié le 17 mai 2019 à 07:21

Moderniser les forces terrestres

Le Conseil fédéral a pris une décision de principe sur la modernisation des forces terrestres d'ici dix à quinze ans, a aussi indiqué jeudi la ministre de la défense Viola Amherd. Celles-ci sont équipées de systèmes datant de la guerre froide qui ne pourront plus être utilisés après les années 2020.

L'accent sera placé sur les capacités indispensables en cas de conflit hybride, dans un contexte où les cyberattaques, l'espionnage, le sabotage et la désinformation prennent de l'ampleur, impliquant des acteurs non étatiques. Pour répondre à ces problématiques, le gouvernement a retenu une option devisée à 6 milliards de francs au maximum. S'y ajouteront 1,5 milliard pour l'achat de système de télécommunications. Cette solution a l'avantage de pouvoir être couverte par les dépenses déjà prévues pour l'armée.

>> Ecouter l'interview du chef de l'armée suisse, Philippe Rebord: