Modifié le 15 mai 2019 à 14:50

Le radon, ce gaz naturel cancérigène qui s'infiltre dans nos foyers

La Suisse est particulièrement touchée par la problématique du gaz radon.
Radon et qualité de l'air intérieur On en parle / 8 min. / le 15 mai 2019
Le radon, un gaz noble radioactif qui peut s'infiltrer dans les foyers par le sol, est la deuxième cause principale du cancer des poumons en Suisse, après le tabagisme. L’Office fédéral de la santé publique finance un projet de lutte.

Le radon se forme dans le sol et peut s’infiltrer dans les foyers. Ce gaz noble a beau être naturel, il n'en est pas moins meurtrier. Il est est en effet radioactif et représente la deuxième cause principale du cancer des poumons en Suisse, juste après le tabagisme, et fait entre 200 et 300 victimes chaque année dans notre pays.

Pour lutter contre ce gaz, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) finance un projet dont le but est de mesurer l'efficacité des mesures prises par les propriétaires en Suisse pour réduire les valeurs enregistrées à l'intérieur des bâtiments et les ramener à des valeurs inférieures au niveau de référence (voir encadré).

Drainer, aérer, rendre étanche...

Comment se protéger? Joëlle Goyette Pernot, professeure et "déléguée radon" de l'OFSP pour la Suisse romande, identifie "deux grandes familles d'intervention". "D'une part, on peut empêcher le radon d'entrer, en allant le chercher dans le terrain sous le bâtiment. On draine donc le terrain pour extraire le radon. L'autre moyen, que j'évite toujours au maximum: on admet qu'on a du radon dans le sous-sol et on l'évacue, par exemple en ventilant une cave. Mais ainsi, on incite le radon à envahir la cave, le radon est toujours présent dans le bâtiment", détaille-t-elle dans l'émission On en parle de la RTS. 

"Dans tous les cas, une bonne aération va favoriser une bonne qualité de l'air intérieur, en évacuant tous les polluants", souligne la spécialiste. Elle précise encore qu'il est possible de "travailler sur l'étanchéité, de s'assurer de faire au mieux pour empêcher le radon d'entrer, en utilisant des bétons et des joints étanches. Mais le bâtiment va vivre, et avec le temps il peut y avoir une perte d'étanchéité.

Un gaz invisible pour les sens

Toute la Suisse est-elle concernée? Le radon dépend de la géologie, sa concentration est plus grande dans les granits et certaines régions sont donc davantage touchées, répond Joëlle Goyette Pernot. Elle cite notamment l'Est de la Suisse, le Tessin, le massif du Mont-Blanc en Valais, mais aussi aussi l'Arc jurassien, "un massif calcaire".

>> La carte de la probabilité de dépassement de la valeur de référence du radon (en %), selon les mesures de l'OFSP:

La probabilité de dépassement de la valeur de référence du radon (en %), selon les mesures de l'OFSP
La probabilité de dépassement de la valeur de référence du radon (en %), selon les mesures de l'OFSP [Office fédéral de la santé publique]

Comment savoir si mon habitation est exposée au radon? "Le seul moyen est de faire une mesure. On ne le perçoit pas par nos sens et on ne ressent pas de malaise par la présence de radon chez soi. Mais on peut se procurer des dosimètres auprès d'un service de mesures agréé", explique la spécialiste. Elle précise que l'OFSP "recommande de faire une mesure tous les cinq ans".

Propos recueillis par Philippe Girard/jvia

Publié le 15 mai 2019 à 14:48 - Modifié le 15 mai 2019 à 14:50

De nouvelles ressources en ligne

Le site internet lancé par l’OFSP, radonmitigation.ch, est la plateforme d'un projet de recherche soutenu par la Confédération, qui vise à collecter les retours d'expérience de propriétaires sur les systèmes de remédiation mis en place dans les bâtiments dans lesquels la valeur de dépassement du radon a été mesurée. Les propriétaires peuvent donc y évaluer les systèmes de ventilation, de drainage ou d'étanchéité mis en place il y a quelques années.

Par ailleurs, le juin prochain, le premier site franco-suisse dédié au radon, dédié autant aux professionnels de la construction qu'aux particuliers, sera mis en ligne. Le but: dresser une bibliothèque la plus complète possible sur le sujet.