Modifié le 05 mai 2019 à 21:38

Particuliers et communes respectent peu les règles sur les pesticides

REGLES PESTICIDES
Particuliers et communes respectent peu les règles sur les pesticides L'actu en vidéo / 2 min. / le 05 mai 2019
La vente de pesticides de synthèse aux particuliers est autorisée en Suisse. Mais une étude de la Confédération démontre que particuliers et communes ne respectent pas les règles d'utilisation, avec des conséquences pour l'environnement.

Dans les magasins de jardinage du pays, des rayons entiers proposent, en libre-service, différents herbicides, concentrés ou dilués, pour lutter contre les mauvaises herbes. Il n'y a pas de restriction sur la vente, mais la Confédération interdit de traiter certains endroits. Or, très peu de jardiniers amateurs le savent.

Sont interdits de pesticides de synthèse, les bords de route, les toitures, les chemins et les terrasses, notamment. En résumé, toutes les surfaces sur lesquelles l'eau ruisselle et emmène avec elle les herbicides, directement dans la nappe phréatique.

La moitié des communes de respecte pas les règles

Cette proscription existe depuis une trentaine d'années. Et pourtant, une enquête récente de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) le confirme: cette interdiction est très peu respectée. Chez les particuliers, moins de la moitié (47%) des personnes interrogées en ont entendu parler. Dans les communes, la quasi-totalité (91,7%) connaît les règles, mais la moitié (52,9%) ne les respecte pas.

Seule la moitié des particuliers et des communes respecte les règles. Seule la moitié des particuliers et des communes respecte les règles. [RTS]

C'est le cas à Avenches (VD). En 15 ans, la commune a drastiquement diminué sa consommation, passant de 120 litres annuels de glyphosate pur à moins d'une quinzaine. Les services extérieurs ont aussi arrêté de traiter les bords des routes. Mais renoncer totalement aux herbicides n'est pas prévu, notamment au printemps, quand les mauvaises herbes envahissent tout.

Alain Kapp, responsable des services extérieurs de la commune d'Avenches.

On a de la peine à suivre avec les mauvaises herbes [...] et on a vite des remarques qui arrivent.

Alain Kapp, responsable des services extérieurs de la commune d'Avenches (VD).

Les graviers du cimetière, normalement interdit, sont également traités: "Les cimetières restent des endroits sensibles, explique Alain Kapp, responsable des services extérieurs de la commune d'Avenches. On a de la peine à suivre avec les mauvaises herbes et c'est vrai que, quand on se retrouve dans des situations de laisser-aller, on a vite des remarques qui arrivent."

La Suisse propre en ordre

Au-delà du gain de temps et des aspects financiers, c'est aussi le manque de tolérance de la population qui encourage l'utilisation d'herbicides. Du côté de la Confédération, on connaît cette volonté très helvétique du propre en ordre. Pourtant, aucune nouvelle mesure n'est prévue et il n'y a pas de volonté de restreindre l'accès à ces produits.

Pour Gudrun Schwilch, cheffe de la section sols de l'OFEV, "il faut que la population accepte qu'on ne peut pas enlever toutes les mauvaises herbes, que cela fait aussi partie de la biodiversité et qu'on peut les laisser à leur place."

Gudrun Schwilch, Cheffe de la section sols de l'OFEV.

Il faut que la population accepte qu'on ne peut pas enlever toutes les mauvaises herbes, que cela fait aussi partie de la biodiversité.

Gudrun Schwilch, Cheffe de la section sols de l'Office fédéral de l'environnement.

Examen pour les professionnels

Pour l'heure, la principale mesure existante est de former les professionnels. Toute personne qui utilise des produits phytosanitaires dans le cadre de son travail doit d'abord passer un examen. Un cours y prépare chaque année plusieurs dizaines de personnes. Pour la formatrice, ses élèves sont mieux informés qu'il y a quelques années. Mais beaucoup ne réalisent qu'au moment du cours que leurs pratiques sont en fait illicites.

Depuis la dernière étude sur l'utilisation des herbicides en 2010, le respect des interdictions a d'ailleurs très peu évolué. L'agriculture intensive reste la principale cause de pollution des eaux, mais communes et particuliers ont aussi leur responsabilité. Et là chacun peut agir.

>> Le reportage du 19h30:

De nombreux jardiniers amateurs ne respectent pas les règles en matière d'herbicides.
19h30 - Publié le 05 mai 2019

Céline Brichet/fme

Publié le 05 mai 2019 à 20:55 - Modifié le 05 mai 2019 à 21:38