Modifié le 21 avril 2019 à 14:39

La Suisse renvoie à nouveau des réfugiés vers des zones de guerre

Requérants érythréens lors d'une manifestation contre les renvois à Lausanne en septembre 2014.
La Suisse renvoie à nouveau des réfugiés politiques vers des zones de guerre Le Journal horaire / 23 sec. / le 21 avril 2019
La Suisse a repris en mars dernier les renvois de réfugiés politiques vers des zones de guerre, indique dimanche le SonntagsBlick. Le journal se réfère à un document interne du Secrétariat d'Etat aux migrations.

"Après une suspension de presque deux ans, le premier rapatriement sous escorte policière a eu lieu en mars 2019", est-il écrit dans le document publié par l'hebdomadaire alémanique.

En novembre dernier, le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) a également expulsé un demandeur d'asile en Somalie - une première depuis des années. Le SEM indique dans le même document que la Suisse figure parmi les pays européens les plus efficaces en matière d'exécution des expulsions: elle atteint une moyenne de 56% des requérants d'asile déboutés renvoyés dans leur pays d'origine, alors que ce taux est de 36% au sein de l'Union européenne.

Retour des Erythréens encore "inacceptable"

L'opération de contrôle des Erythréens admis provisoirement - lancée par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga lorsqu'elle était encore en charge de la Justice - n'a pratiquement rien changé à leur situation, écrit par ailleurs la SonntagsZeitung: sur les 2400 dossiers examinés par le SEM, seuls quatorze ont abouti à un retrait du droit de rester. "Il y a plusieurs facteurs qui rendent un ordre de retour inacceptable", déclare un porte-parole du SEM dans le journal. Parmi eux, l'intégration avancée des réfugiés en Suisse garantit le droit de rester, explique-t-il.

Réfugiés "voyageurs" renvoyés

La NZZ am Sonntag relate pour sa part que le SEM a retiré l'asile politique l'année dernière à 40 réfugiés reconnus, parce qu'ils avaient voyagé dans leur pays d'origine. La plupart d'entre eux venaient du Vietnam. Il y a également eu quelques cas avec l'Erythrée et l'Irak. Les autorités suisses avaient été mises au courant de ces voyages par les compagnies aériennes, qui ont l'obligation de fournir des données sur leurs passagers.

ats/oang

Publié le 21 avril 2019 à 14:24 - Modifié le 21 avril 2019 à 14:39