Modifié le 17 avril 2019 à 10:28

"Tuer la liberté des Suisses n'améliore pas la sécurité dans l'UE"

L'invité de La Matinale (vidéo) – Norman Gobbi, conseiller d’Etat tessinois
L'invité de La Matinale (vidéo) – Norman Gobbi, conseiller d’Etat tessinois La Matinale / 9 min. / le 17 avril 2019
Parmi les conseillers d'Etat, Norman Gobbi (Lega/TI) nage à contre-courant dans la campagne de votation du 19 mai. Contrairement à la majorité des autres ministres cantonaux, il est opposé à la loi qui vise un meilleur contrôle des armes en circulation.

Dans cette directive qui s'adapte aux mesures anti-terroristes édictées par l'Union européenne (UE), l'élu de la Lega dénonce une attaque frontale contre la souveraineté de la Suisse. "Cette modification de la loi est exigée par une directive de l'UE. Or, dans notre pays, on a bâti toutes nos plus belles réalisations sur la liberté individuelle, une valeur aujourd'hui mise en cause", fustige-t-il au micro de La Matinale mercredi.

"En Suisse, l'attitude est celle de la confiance envers les citoyens, y compris les chasseurs, tireurs et collectionneurs d'armes, une approche qui n'est pas celle de l'UE. Une modification de la loi n'amènerait pas plus de sécurité en Suisse et en Europe, elle tuerait en revanche la liberté individuelle des Suisses", souligne le Tessinois, qui pratique lui-même le tir sportif.

"Je réfute cette mise sous pression"

Dans ce scrutin, le maintien de la Suisse dans l'accord de Schengen-Dublin représente l'un des arguments principaux pour le oui. La Suisse est en effet tenue d'adapter sa législation sur les armes si elle veut rester dans l'alliance des Etats Schengen et Dublin. En cas de "non" le 19 mai, la coopération prendrait fin automatiquement après six mois.

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"Je réfute cette façon de faire de l'UE, ses clauses guillotine, la mise sous pression. On ne peut pas avaler tout ce qui vient de Bruxelles", conteste Norman Gobbi.

Les fusillades de Paris n'ont pas été perpétrées avec des armes venues de Suisse, mais avec des armes illégales, illustre-t-il. "Ce n'est pas en mettant en cause les bons citoyens suisses qu'on va améliorer cette situation."

"Pas dans l'intérêt de l'UE"

Devant la menace d'une exclusion des accords Schengen-Dublin, le ministre léguiste affiche sa confiance. "La Suisse a toujours trouvé des solutions", avance-t-il, s'appuyant sur le fait qu'une expiration pourrait être évitée si tous les Etats de l'UE et la Commission européenne acceptent, dans un délai de 90 jours suivant le vote - de faire une concession à la Suisse. "Ce n'est pas du tout dans l'intérêt de l'UE d'éjecter la Suisse", estime-t-il encore.

L'UDC, avec les milieux du tir, est le seul parti à prôner le non dans les urnes le 19 mai.

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Propos recueillis par Pietro Bugon/kkub

Publié le 17 avril 2019 à 09:57 - Modifié le 17 avril 2019 à 10:28