Modifié le 27 mars 2019 à 08:41

Face à la 5G, "on a le devoir d’être attentifs à la santé publique"

Frédéric Borloz, PLR: "Le principe de précaution est réel, on doit y être attentif. Des gens sont véritablement intolérants."
Frédéric Borloz, PLR: "Le principe de précaution est réel, on doit y être attentif. Des gens sont véritablement intolérants." 19h30 / 2 min. / le 26 mars 2019
Le député Frédéric Borloz (PLR/VD) demande à la Confédération d'étudier la création de zones sans ondes magnétiques, à l’image des zones sans fumées d’il y a 10 ans. Il explique sa démarche sur le plateau du 19h30.

"Il y a des gens qui sont véritablement intolérants aux ondes, on a le devoir d'être attentifs au devoir de santé publique." Le conseiller national Frédéric Borloz a déposé une interpellation en ce sens à Berne jeudi passé. Pour lui, la création de zones exemptes d'ondes permettrait aux personnes électro-sensibles de mieux trouver leur place dans la société.

Le libéral-radical préconise également d’attendre les résultats d’une grande étude de l’OMS attendue pour 2021 avant d’implanter la controversée 5G à une large échelle. "Elle nous donnera des bases pour continuer. Et c'est aussi attendu par l'économie, pas seulement par les opérateurs", rappelle-t-il.

Multiples oppositions politiques

Frédéric Borloz ne voit pas nécessairement l'interdiction de la 5G comme la solution. "Une balance doit être faite entre les intérêts économiques et la protection de la population, explique-t-il. D'où l'idée de proposer quelque chose qui puisse répondre à cette problématique et ne pas l'interdire."

Le PLR vaudois n’est pas seul à afficher ses doutes. A Genève, le médecin et député PDC Bertrand Buchs demande également que l’on attende la parution d’études sur la nocivité avant d’aller de l’avant. Dans le canton de Vaud, les Verts ont écrit à toutes les communes afin qu’elles s’opposent à la pose d’émetteurs 5G. Et sur internet, une pétition contre son déploiement cartonne: mardi soir, plus de 43'000 signatures avaient été récoltées.

>> Voir le sujet du 19h30 sur la 5G: des politiciens suisses se font le relais des opposants aux antennes 5G

Des politiciens suisses se font le relais des opposants aux antennes 5G
19h30 - Publié le 26 mars 2019

Propos recueillis par Darius Rochebin/Nicolas Rossé/ani

Mercredi sur RTS Un, l'émission Infrarouge proposera un débat sur la technologie 5G.

Publié le 26 mars 2019 à 22:26 - Modifié le 27 mars 2019 à 08:41

"L'exposition des gens près des stations n'a presque pas changé", affirme un expert

Invité de La Matinale mercredi, le directeur suppléant de l'Office fédéral de la communication (OFCOM) Philippe Horisberger a souligné l'importance du développement rapide de la technologie 5G pour la Suisse. "La révolution numérique est en cours au niveau mondial. Or, la qualité des infrastructures de télécommunication est incontournable" pour amorcer ce virage, affirme-t-il.

Si l'introduction de la 5G ne va pas révolutionner le quotidien des gens, cette technologie doit permettre l'internet des objets connectés, les commandes en temps réels, les débits plus grands, avec une fiabilité des communications qu'on n'a pas pour le moment, explique Philippe Horisberger.

L'équipement personnel en question

La technologie de la 4G ne sera pas pour autant arrêtée avec l'arrivée de la 5G, mais va coexister avec cette dernière pendant encore 4 à 6 ans pour les télécommunications lambda, selon le spécialiste.

Quant aux craintes pour la santé exprimées par les consommateurs et les politiques, Philippe Horisberger relativise. "La plupart des informations qui circulent sur les réseaux sociaux sont totalement erronées", affirme-t-il. Le groupe de travail d'experts mandaté par la conseillère fédérale Doris Leuthard pour faire le point sur la réglementation actuelle se penche actuellement sur cet aspect de santé, avec l'analyse des études faites ces dernières années sur le sujet.

Si 15'000 nouvelles antennes sont nécessaires sur le territoire suisse pour l'implantation de la 5G, ce ne sera pas là une source de désagréments pour la santé des consommateurs, à en croire Philippe Horisberger. "L'exposition des gens près des stations de base n'a quasiment pas changé. Mais c'est l'exposition des gens aux équipements personnels (téléphone mobile, tablettes, wi-fi personnel, etc.) qui représente l'exposition au rayonnement le plus important actuellement, affirme-t-il.