Modifié le 04 mars 2019 à 08:52

"Il ne faut plus tout faire pour tout le monde" en matière de soins

Le docteur Philippe Eggimann, ardent défenseur des médecins dans le débat sur les coûts de la santé.
Le docteur Philippe Eggimann, ardent défenseur des médecins dans le débat sur les coûts de la santé. 19h30 / 7 min. / le 03 mars 2019
La santé est l'une des priorités des Suisses et le débat sur ses coûts est relancé à l'échelon politique. Pour le président des médecins romands Philippe Eggimann, il s'agit notamment de mieux adapter les soins à chacun.

Le Parti socialiste a lancé mardi dernier son initiative pour alléger les ménages des primes maladie. A Berne, les parlementaires discuteront ces prochains jours d'une augmentation des franchises pour les assurés.

>> Lire: Le Parti socialiste lance son initiative pour alléger les primes maladie

Le nouveau président de la Société médicale de la Suisse romande dit pourtant à ces derniers de ne pas "se lamenter". Invité du 19h30 dimanche, Philippe Eggimann estime également - compte-tenu des efforts réalisés en matière d'économies - que les primes ne devraient pas augmenter en 2020.

Une chose est sûre, des soins de qualité ont leur prix: plus de 80 milliards de francs ont été dépensés en Suisse en 2016, pour un système de santé qui apparaît comme le meilleur au monde.

"Il faut tenir compte de la réalité"

Et pour maîtriser mieux encore l'explosion des coûts, le médecin vaudois esquisse plusieurs pistes, dont celle "d'adapter les formidables possibilités que nous avons aux préférences de chacun et tenir compte de la réalité."

"Vous n’avez pas besoin de mettre une prothèse de hanche sur mesure qui coûte extrêmement cher à quelqu’un qui est extrêmement âgé et qui a des maladies et dont la capacité à se mouvoir sera limitée par des maladies de cœur ou de poumons", illustre Philippe Eggimann. "Par contre, quelqu’un, même âgé mais extrêmement actif, vous pouvez discuter avec lui, quelle technique est optimale pour lui, qui ne sera pas forcément la technique maximale." Mais "l'enjeu est d'éviter une baisse de la qualité des soins", souligne-t-il.

Le rôle-clé du médecin de famille

Une autre solution pour limiter les coûts de la santé, avance président de la Société médicale de la Suisse romande, c'est de "retrouver un rôle pour les médecins référents, pour la médecine de famille, qui doit vraiment pouvoir guider les choix des patients dans ce dédale de possibilités technologiques."

Malheureusement, relève Philippe Eggimann, "une partie des réformes qui sont en discussion maintenant - comme celles qui consistent à limiter toujours plus le remboursement des prestations dans les cabinets - limite cette possibilité de permettre de discuter avec le patient de 'mieux' et non pas de 'toujours plus'."

L'augmentation des coûts en passe d'être maîtrisée

Le chef de file des médecins romands n'est pas opposé à une augmentation des franchises, mais il met en garde: "On économise sur les primes, mais commençons par arrêter de valider et promulguer des hausses d’assurances maladie qui ne sont pas justifiées par l’augmentation des coûts de la santé dont on sait qu’elle est en passe d’être maîtrisée."

oang avec Tania Chytil

Publié le 03 mars 2019 à 21:35 - Modifié le 04 mars 2019 à 08:52