Modifié le 03 mars 2019 à 18:39

Simonetta Sommaruga veut des mesures plus concrètes pour le climat

La conseillère fédérale en charge de l'Environnement Simonetta Sommaruga.
Simonetta Sommaruga veut des mesures plus concrètes pour le climat Le 12h30 / 2 min. / le 01 mars 2019
La nouvelle ministre de l'Environnement Simonetta Sommaruga appelle à resserrer les rangs contre le changement climatique. La conseillère fédérale socialiste plaide en faveur de mesures visant les trafics routier et aérien ainsi que la place financière.

"Tout d'abord, nous devons cesser de considérer la protection du climat comme quelque chose qui nous coûte uniquement de l'argent", affirme la Bernoise de 58 ans lors d'un entretien à la NZZ am Sonntag. Car "ne rien faire nous coûte aussi", complète la cheffe du Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et des communications (DETEC), en fonction depuis janvier, en référence aux dommages causés par les glissements de terrain et les inondations.

Nous devons travailler ensemble sur la politique climatique pour que l'environnement, mais aussi les employés et la population puissent en bénéficier, souligne Simonetta Sommaruga. Il appartient maintenant à la politique de mettre en œuvre des mesures concrètes de protection de l'environnement.

Trop de grosses voitures

En matière de trafic routier, Simonetta Sommaruga vise notamment les tout-terrains. "De nombreuses voitures lourdes et grandes sont vendues en Suisse. De fait, le parc de voitures neuves de notre pays est celui qui émet le plus de CO2 en Europe, soit 134 grammes par kilomètre. La Norvège, bien que nation pétrolière, en est déjà à 84 grammes."

Il nous faut revoir notre stratégie, affirme en substance la ministre. Celle-ci veut abaisser autant que possible les normes d'émission pour les voitures neuves en harmonie avec l'UE et veiller à ce que les réglementations relatives à l'importation de voitures à forte consommation ne soient pas contournées.

Place financière et trafic aérien

La conseillère fédérale soutient également les exigences environnementales pour la place financière. Des exigences que la Commission du Conseil des Etats a d'ailleurs l'intention d'inclure dans le projet de loi sur le CO2. "Il est contradictoire pour nous de poursuivre la protection du climat en Suisse tout en investissant dans le secteur pétrolier, par exemple par le biais de nos fonds de pension et de prêts bancaires", explique la ministre.

La cheffe du DETEC souhaite également que le trafic aérien endosse sa part. "Personne ne comprend pourquoi le trafic aérien est systématiquement exclu du débat sur le climat". Reste à savoir s'il y aura une majorité en faveur d'une taxe sur les billets.

Hommage aux jeunes

Enfin, Simonetta Sommaruga rend hommage dans cet entretien aux jeunes qui manifestent pour la protection du climat. "Je comprends parfaitement les préoccupations et l'impatience de ces jeunes gens. Il s'agit de leur avenir". Elle a reçu mercredi une délégation et a été impressionnée. Ces jeunes de 15 à 22 ans s'engagent avec la tête et le coeur. "Ils sont rebelles, bien informés et forts dans leur argumentation".

>> Comment la Suisse contribue à la protection du climat: débat entre Adèle Thorens (Verts-VD) et Jacques Bourgeois (PLR-FR) dans Forum:

Adèle Thorens et Jacques Bourgeois.
Anthony Anex - Keystone
Forum - Publié le 03 mars 2019

ats/kkub

Publié le 03 mars 2019 à 08:20 - Modifié le 03 mars 2019 à 18:39

Propositions contre les vols low-cost

De leur côté, Les Verts attaquent la publicité pour les vols à bas prix. Deux propositions seront lancées la semaine prochaine devant le Parlement, rapporte Le Matin Dimanche. La première sera déposée sous forme de motion par la vice-présidente du Parti écologiste, Lisa Mazzone (GE), et demande à ce que soit ajoutée la mention "Attention, ce produit nuit gravement au climat". "Les conséquences du réchauffement climatique pour la collectivité justifient, comme pour le tabac, une action de prévention", argue la Genevoise.

"Absurde"

"Qu’on trouve des affiches pour des vols low-cost dans les gares a un côté absurde", explique aussi la Vaudoise Adèle Thorens. Elle compte déposer une interpellation visant à limiter ce genre de publicité dans l'espace public. Le débat s'annonce d'ores et déjà animé.

Selon le Valaisan Philippe Nantermod, vice-président du PLR, "l’avion n’est pas un produit dangereux. Il n’y a pas de raison de restreindre la publicité". Pour rappel, les Helvètes prennent deux fois plus l’avion que leurs voisins, vers des destinations européennes dans 80% des cas et le trafic aérien représente plus de 18% de l'impact climatique causé par l’homme en Suisse.