Modifié le 25 février 2019 à 21:07

Le comité contre une loi sur les armes "qui nous désarme" en campagne

Les opposants à la révision de la loi sur les armes lancent leur campagne. Pour eux, la révision nuirait aux traditions suisses
Les opposants à la révision de la loi sur les armes lancent leur campagne. Pour eux, la révision nuirait aux traditions suisses 19h30 / 2 min. / le 25 février 2019
Une loi dictée par Bruxelles et qui veut nous "désarmer", c'est par ces mots que le comité opposé à la nouvelle loi sur les armes, soumise au verdict des urnes le 19 mai, a lancé sa campagne lundi.

Depuis les attentats terroristes qui ont marqué l'Europe, les Etats membres de l'UE ont rendu plus sévères leurs législations en matière d'armes, notamment concernant les dispositifs semi-automatiques. Avec la nouvelle loi révisée sur les armes, la Suisse doit leur emboîter le pas, et ce d'ici le mois de mai si elle veut rester dans l'alliance des Etats Schengen et Dublin.

Toutefois, pour les opposants à la loi, interdire aux particuliers de posséder des armes à feu usuelles équivaut à un désarmement progressif en Suisse.

Les sports de tirs seraient menacés

Plus de 80% des armes utilisées pour les sports de tir seront immédiatement interdites si la révision passe la rampe en votation, a expliqué Olivia de Weck, vice-présidente du lobby des armes ProTell devant la presse. Elles devront faire l'objet d'une autorisation exceptionnelle, mais celles-ci seront coûteuses et soumises à des conditions strictes.

Plus aucune arme ne sera disponible pour certaines disciplines. De plus, un mécanisme de durcissement sera appliqué tous les cinq ans, qui pourra mener à une interdiction totale des semi-automatiques pour les particuliers, a renchéri le conseiller national Werner Salzmann (UDC/BE), co-président du comité référendaire.

La loi introduit une clause du besoin qui fait du droit de posséder une arme un privilège. Or le peuple a balayé cette clause en 2011 en rejetant l'initiative pour la protection face à la violence des armes, a expliqué Luca Filippini, président de la Communauté d'intérêts du tir suisse qui porte les intérêts de 14 associations.

>> L'interview de Luca Filippini dans le 12h30:

Les opposants à la nouvelle loi sur les armes dénoncent un "diktat" de l'UE et une loi liberticide.
Adrien Perritaz - Keystone
Le 12h30 - Publié le 25 février 2019

Atteinte à la liberté individuelle menacée

Il s'agit d'un retournement opportuniste du Conseil fédéral et du Parlement, ont encore exposé les opposants. Interdire la possession individuelle d'armes est une atteinte à la liberté individuelle à leurs yeux.

La nouvelle loi ne servira à rien en matière de lutte anti-terroriste, a ajouté Werner Salzmann. Il n'y a aucune adéquation entre les restrictions qu'elle contient et le but sécuritaire recherché. En outre, aucun des attentats commis en Europe ces dernières années n'a été commis avec une arme légale, a-t-il rappelé.

Autre argument avancé par les opposants, la loi révisée engendrera un monstre bureaucratique. Elle détournera aussi la police de ses tâches de sécurité sur le terrain, y compris pour les mesures de lutte contre le terrorisme. Quant au risque d'une remise en question de la participation de la Suisse à Schengen-Dublin, les opposants estiment là aussi qu'il n'en sera rien. Pour eux, le Conseil fédéral cherche à détourner l'attention.

boi avec ats

Publié le 25 février 2019 à 14:07 - Modifié le 25 février 2019 à 21:07