Modifié le 18 février 2019 à 11:56

"Ce sont les compromis qui détruisent un peu le débat démocratique"

Bertil Munk, secrétaire international et vice-président de la Jeunesse socialiste suisse.
L'invité de La Matinale - Bertil Munk, vice-président de la Jeunesse socialiste suisse La Matinale / 8 min. / le 18 février 2019
La Jeunesse socialiste suisse est souvent plus radicale, voire opposée au PS sur certaines thématiques. Pour son vice-président Bertil Munk, il faut cesser avec la politique du compromis en Suisse.

Secrétaire international et vice-président de la Jeunesse socialiste suisse (JUSO), Bertil Munk est revenu, lundi dans La Matinale, sur les relations parfois compliquées avec le Parti socialiste suisse - plus ouvert au compromis de manière générale.

C'est le cas notamment avec la loi fédérale sur la réforme fiscale et le financement de l’AVS (RFFA) soumise à votation le 19 mai prochain. Les délégués du PS l'ont acceptée mais la JUSO s'y oppose.

"Les relations peuvent être tendues, mais sur 97-98% des thématiques on est totalement en adéquation", relève l'étudiant de 21 ans, qui reconnaît cependant certains désaccords. "Les lignes rouges mises face à ces compromis - part exemple sur la RFFA - sont plus ou moins les mêmes entre le Parti socialiste suisse et la Jeunesse socialiste suisse. Sauf que de temps en temps, quand la Jeunesse socialiste suisse décide de camper sur ses positions, le Parti socialiste suisse décide d'aller contre ou d'aller plus loin, d'accepter que ces lignes rouges soient franchies. La RFFA est un bon exemple: il y a des progrès pour l'AVS, mais de l'autre côté les services publics sont fortement menacés, il y a des milliards de pertes attendues et c'est quelque chose qui n'est pas acceptable pour nous."

Non, "la JUSO ne manque pas de courage"

Le conseiller fédéral socialiste Alain Berset, qui va défendre la RFFA lundi en conférence de presse, estime que la démocratie ne fonctionne qu’avec des compromis, "qui ont besoin de courage".

Mais pour Bertil Munk, la JUSO ne manque pas de courage, au contraire. "Depuis des décennies on vend cette politique de compromis comme quelque chose de bien pour la population mais ce sont ces compromis qui détruisent un peu le débat démocratique", dit-il.

"On donne l'image à la population d'être d'accord entre nous alors que ce n'est pas du tout le cas. Actuellement au Parlement, il y a une majorité claire de droite, ce sont eux qui dictent l'agenda politique, le Parti socialiste ne peut rien faire (…) et j'espère qu'en fin d'année, cela va changer; qu'on pourra enfin faire des réformes sociales et écologiques. Et j'espère que le Parti socialiste suisse arrêtera dès lors de faire cette politique de compromis où il accepte de manger des couleuvres."

Problèmes radicaux, solutions radicales

Le vice-président de la Jeunesse socialiste suisse n'est pas opposé à la politique des petits pas, "sauf que parfois il faut faire des grands pas. On est face à des problèmes radicaux, et face à ces problèmes radicaux, il faut des solutions radicales."

Propos recueillis par Chrystel Domenjoz/oang

Publié le 18 février 2019 à 10:55 - Modifié le 18 février 2019 à 11:56

Devenir le premier parti de jeunes de Suisse

Il y a déjà quelques représentants de la Jeunesse socialiste aujourd'hui aux Chambres fédérales, mais l'objectif de la JUSO est d'en placer encore plus lors des prochaines élections fédérales.

"Bien entendu, on espère qu'un maximum de jeunes socialistes aillent sur les listes du Parti socialiste", relève Bertil Munk.

"Il y en a déjà beaucoup outre-Sarine, mais le but fondamental de la Jeunesse socialiste est qu'en octobre, on devienne le premier parti de jeunes; qu'on montre à toute cette jeunesse dans la rue qui sont vraiment ses alliés au Parlement et dans la politique un peu plus institutionnelle. Et j'ai l'impression que ces jeunes-là se rendent compte que le PLR, l'UDC, le PDC agissent contre une politique climatique responsable."