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Une arme suisse et ses blessures dans le viseur des "gilets jaunes"

LBD 40: enquête sur une arme suisse
LBD 40: enquête sur une arme suisse Mise au Point / 15 min. / le 10 février 2019
Le lanceur de balles de défense LBD 40, au coeur de la polémique dans les rassemblements de "gilets jaunes" en France pour les blessures qu'il occasionne, est une arme de fabrication suisse. Elle est aussi employée dans certaines polices cantonales.

L'usine B&T est installée dans un immeuble discret d'une zone industrielle de Thoune (BE). Ses responsables affirment dans l'émission Mise au point avoir été menacés à plusieurs reprises ces dernières semaines. Il faut dire que le produit phare de B&T fait des ravages en ce moment en France: quelque 200 blessés graves et une vingtaine d'éborgnés parmi les gilets jaunes.

Ce produit s'appelle le LBD 40 (ou GL06), c'est une version plus moderne et précise du flashball made in France. Il projette une balle de caoutchouc à 300 km/h et peut s'employer avec précision jusqu'à 60 mètres.

En France une pétition lancée par un médecin a déjà recueilli plus de 100'000 signatures et le défenseur des droits Jacques Toubon réclame son interdiction en raison de sa trop grande dangerosité. Pourtant, la veille de Noël, les autorités françaises en commandaient près de 1300 de plus.

>> Lire aussi: L'usage du lanceur de balles de défense maintenu en France 

Une arme en dotation en Suisse aussi

En Suisse romande, aussi, la police est équipée de LBD 40. Mais à la gendarmerie vaudoise, on explique n'en avoir que quelques rares exemplaires pour des cas très précis, type forcené isolé, mais en aucun cas face à un groupe de manifestants.

A Berne en revanche, la police cantonale teste l'arme dans des contextes de rassemblement. Mi-janvier, lors du rassemblement anti-Davos à Berne, les forces de l'ordre étaient équipées du LBD 40, comme en témoigne le cliché d'une photographe très observatrice (voir illustration de l'article).

Cela a aussi été le cas début septembre à la Reitschule -un lieu alternatif bien connu de la capitale- où une soirée a tourné à l'affrontement avec la police. Les forces de l'ordre ont alors utilisé leur LBD 40. L'association qui gère la Reitschule affirme que deux personnes ont été blessées au visage par cette arme et a produit des photos. De son côté, la police bernoise répondait vendredi à la RTS ne pas avoir reçu de plainte à ce propos et ne pas viser à la tête.

Sébastien Faure/ebz

Publié le 10 février 2019 à 21:41 - Modifié mardi à 07:32