Modifié le 06 février 2019 à 09:33

Le nombre de détenus en Suisse a augmenté de 50% en trente ans

Ici, la prison d'Altstaetten, dans le canton de Saint-Gall.
La population carcérale suisse a doublé en l’espace de trente ans La Matinale / 1 min. / le 06 février 2019
Le nombre de détenus en Suisse a augmenté de 50% en trente ans. Désormais, les détenus étrangers avec domicile hors de Suisse représentent plus de la moitié (52%) de la population carcérale, selon les données publiées mardi par l'Office fédéral de la statistique.

Le taux de détenus pour 100'000 habitants a passé de 70 en 1988 à 82 en 2017. Sur ces trente années, les Suisses représentaient en moyenne 24% des personnes en détention provisoire ou de sûreté. Les étrangers domiciliés en Suisse et ceux résidant à l’étranger en constituaient quant à eux respectivement 31% et 45% du total.

La population carcérale est passée de 4621 à 6907 (+50%) individus entre 1988 et 2017. L’exécution anticipée de peines et de mesures et celle des mesures de contrainte, selon la loi sur les étrangers, ont connu les augmentations les plus considérables avec respectivement 765 et 197 détenus de plus (+282% et +328%).

Les étrangers davantage représentés

Durant la première des trois décennies entre 1988 et 2017, les Suisses en détention avant jugement comptaient pour 31% de l’effectif (en 1989, ils représentaient même 44%). Les étrangers résidant en Suisse (y compris les demandeurs d’asile) et les étrangers résidant à l’étranger représentaient respectivement 28% et 41% du total.

Pendant la deuxième décennie, la part de détenus suisses a baissé de 11 points, à 20%. De leur côté, les deux catégories d’étrangers ont augmenté: ceux résidant en Suisse comptaient pour 37% alors que ceux domiciliés à l’étranger représentaient dorénavant 43% du total.

Enfin, durant la troisième décennie, la proportion de détenus suisses est restée stable à 20%. Le pourcentage de détenus étrangers résidant en Suisse représentait 28% du total (tout comme lors de la première décennie), mais les détenus étrangers résidant à l’étranger constituaient dorénavant plus de la moitié de l’effectif total (52%).

Quelque 180 fuites et évasions

L’année 2017 a par ailleurs été marquée par 170 fuites de milieux carcéraux ouverts, six évasions d'établissements fermés et deux évasions lors de transferts.

Quant au nombre de non-retours de congés et de retards avec sanctions disciplinaires, il s’est élevé à près de 130, ce qui représente une baisse de 40% par rapport à 2010.

>> Nombre d’évasions (d'établissements fermés et d'établissements ouverts), de non-retours de congés et de retards avec sanctions disciplinaires :

 

ats/ther/hend

Publié le 05 février 2019 à 14:11 - Modifié le 06 février 2019 à 09:33

Des établissements moins nombreux mais plus grands

Le nombre d’établissements de privation de liberté en Suisse est passé de 152 à 106 (-30%). Ceux de petite taille ont peu à peu fermé: en 1988, un établissement sur trois disposait de moins de dix places, alors qu’ils ne représentaient plus que 8% de l’ensemble des institutions pénitentiaires en 2017.

Inversement, près d'un quart des établissements de détention pouvaient accueillir plus de 100 détenus en 2017, alors qu’ils ne représentaient que 9% en 1988. Leur capacité a quant à elle augmenté de plus de 2000 places (+37%) en trente ans (de 5487 à 7489).