Modifié le 26 janvier 2019 à 01:18

Jugeant le vote électronique peu fiable, un comité lance une initiative

Vote électronique: une initiative populaire lancée à Berne exige un moratoire de cinq ans sur les expériences menées en Suisse.
Vote électronique: une initiative populaire lancée à Berne exige un moratoire de cinq ans sur les expériences menées en Suisse. 19h30 / 2 min. / le 25 janvier 2019
Un comité demande un moratoire sur le vote électronique. Jugeant que le système tel qu'il est aujourd'hui n'est ni sûr ni transparent, il a lancé vendredi une initiative populaire.

Intitulé "pour une démocratie sûre et digne de confiance", l'initiative demande que l'e-voting soit interdit jusqu'à ce qu'il soit au moins aussi protégé contre des manipulations que le vote traditionnel à l'urne.

La volonté populaire doit pouvoir être transmise sans risques qu'elle soit falsifiée. Il doit aussi être possible de procéder à des comptages. L'Assemblée fédérale pourrait lever l'interdiction cinq ans au plus tôt après son entrée en vigueur, a déclaré vendredi le comité d'initiative qui dit avoir le soutien d'un large spectre de mouvements et partis.

Système vulnérable

Les initiants s'inquiètent de voir avec quelle insouciance certains essais ont été conduits lors de votations ou d'élections, a dit le président du comité, le conseiller national Franz Grütter (UDC/LU).

Avec le vote électronique, seuls quelques experts en informatique sont au courant du décompte des voix, ce qui rend le système vulnérable, selon Franz Grütter. Des pirates informatiques ont déjà découvert des vulnérabilités dans des systèmes de vote électronique. De telles failles mettraient à mal la confiance des électeurs envers un décompte correct des voix, a prévenu le conseiller national.

Dix cantons en phase d'essai

Derrière cette initiative se trouvent notamment des groupes ayant des affinités avec le monde de l'informatique, comme la Société numérique suisse ou le Chaos Computer Club. Ils veulent commencer à recueillir des signatures à la mi-février.

Le Conseil fédéral veut pour sa part faire avancer le vote électronique. En décembre, il a ouvert une procédure de consultation pour ancrer son exploitation dans la loi. Dix cantons proposent actuellement le vote électronique en phase d’essai.

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Danielle Gagnaux-Morel, chancelière de l'Etat de Fribourg, et Pierre-Antoine Hildbrand, conseiller municipal de la ville de Lausanne.
Laurent Gillieron et Cyril Zingaro - Keystone
Forum - Publié le 25 janvier 2019

ats/pym

Publié le 25 janvier 2019 à 12:06 - Modifié le 26 janvier 2019 à 01:18