Modifié le 25 janvier 2019 à 10:56

L'évêque de Bâle au cœur d'une affaire embarrassante pour l'Eglise

Felix Gmür, évêque de Bâle, au coeur d'une affaire embarrassante pour l'Eglise catholique.
Felix Gmür, évêque de Bâle, au coeur d'une affaire embarrassante pour l'Eglise catholique. 19h30 / 2 min. / le 24 janvier 2019
Felix Gmür, actuel président de la conférence suisse des évêques, a autorisé un prêtre condamné pour pédophilie à se porter candidat pour un poste de curé dans la paroisse de Riehen. Or l'évêque de Bâle connaissait les faits.

L'affaire avait fait la une des journaux: le curé d'Aadorf, en Thurgovie, avait été arrêté puis condamné en 2012 pour attouchement sexuel sur un adolescent.

C'est ce même prêtre qui, élu démocratiquement par ses paroissiens, devait reprendre la paroisse de Riehen (Bâle-Ville), le 10 février prochain. Suite à la publication par divers médias de l'ordonnance pénale, le prêtre a renoncé au poste. Mais l'affaire reste embarrassante pour Felix Gmür, évêque de Bâle, qui ne s'est pas opposé à sa candidature, alors qu'il connaissait les détails de sa condamnation: "Le rapport des experts estimait le risque de récidive à un sur une échelle de 1 à 9," a-t-il dit dans une conférence de presse.

L'évêque se justifie

L'évêque avait toutefois posé ses conditions: l'homme n'aurait pas eu le droit de travailler avec des enfants et il aurait dû avouer à la paroisse les vraies raisons de sa condamnation.

Mais dans un contexte où l'église prône la tolérance zéro, ce cas étonne Jacques Nuoffer, président du groupe "Soutien aux personnes abusées dans une relation d'autorité religieuse" (SAPEC): "Ce qui est regrettable, c'est qu'au moment où il y a eu cette affaire, il n'y ait pas eu réduction à l'état laïc. Un tel comportement exprime des difficultés psychiques et sexuelles et donc, il n'y a pas de lieu que cette personne reste dans ce milieu-là".

Mais mercredi soir, sur le plateau de l'émission alémanique "10 vor 10", l'évêque se justifiait: "J'ai accepté sa candidature sous condition, car je trouvais juste de lui donner une chance de se réinsérer dans la société. On doit leur offrir la possibilité de se réintégrer: c'est le but de notre appareil judiciaire".

Pas de cas similaire en Romandie

En Suisse romande, ce ne sont pas les paroisses mais l'évêque qui nomme les prêtres. Selon sa porte-parole, Monseigneur Charles Morerod, évêque des diocèses de Lausanne, Genève et Fribourg, n'a encore jamais dû replacer un prêtre condamné pour pédophilie dans une paroisse.

Si un tel cas se présentait, le prêtre n'aurait en tout cas pas l'autorisation de travailler avec des enfants.

Sujet TV: Fanny Zürcher et Marc Heuberger

Adaptation web: Stéphanie Jaquet

Publié le 24 janvier 2019 à 22:28 - Modifié le 25 janvier 2019 à 10:56

Les agissements du curé d'Aadorf

En 2012, l'homme alors âgé de 42 ans a été condamné pour des actes d'ordre sexuel avec enfants.

En tant que curé d'Aadorf, il s'était fait l'auteur d'attouchements sur plusieurs adolescents entre 1999 et 2010. L'un des cas s'est avéré pénalement répréhensible. Il ne s'est toutefois pas agi d'un cas d'abus sexuel qualifié.