Modifié le 21 janvier 2019 à 20:57

Quel bilan carbone pour ces jeunes engagés en faveur du climat?

Les jeunes prennent beaucoup l'avion mais sont prêts à voyager autrement, de manière plus responsable
Les jeunes prennent beaucoup l'avion mais sont prêts à voyager autrement, de manière plus responsable 19h30 / 2 min. / le 21 janvier 2019
Des milliers d'étudiants se sont rassemblés vendredi lors de la grève du climat dans plusieurs villes suisses. Les jeunes adultes sont-ils plus responsables que leur aînés en matière de mobilité et de bilan carbone?

"Il ne faut pas dire aux jeunes que, parce qu'ils se sont mobilisés aujourd'hui, ils ont sauvé la planète", déclarait vendredi sur le plateau du 19h30 Benoît Genecand. "Ils sont sortis dans la rue, mais ils feront une différence quand leur comportement ou leur engagement changera."

Selon le conseiller national genevois PLR, la classe d'âge des 18 à 24 ans représente celle qui voyage le plus. Une affirmation correcte si l'on considère uniquement la mobilité au quotidien. Les 18-24 ans parcourent en moyenne 48 kilomètres par jour et par personne, selon les données les plus récentes de l'Office fédéral de la statistique.. Il s'agit également de la classe d'âge qui consacre le plus de temps chaque jour à ses trajets, avec plus de 105 minutes.

Mais les jeunes perdent leur place de champions du déplacement si l'on prend également en considération les voyages d'une journée et les voyages avec nuitées. Ce sont les 25-44 ans qui arrivent alors en première position, avec plus de 31'000 km parcourus par personne chaque année, selon l'OFS. Les voyages forment effectivement la jeunesse, mais pas que.

>> Revoir l'interview de Benoît Genecand dans le 19h30:

Benoît Genecand appelle les jeunes à s'engager en politique
19h30 - Publié le 18 janvier 2019

Mauvais élèves en avion...

Qu'en est-il spécifiquement des trajets en avion, le trafic aérien étant à l'origine de 10% des émissions de gaz à effet de serre de la Suisse? On retrouve à nouveau les 18-24 et les 25-44 ans en tête des plus gros globe-trotteurs, avec un nombre moyen de 1,1 voyage pour les deux groupes.

"Les jeunes prennent trop l'avion et des efforts sont à faire", reconnaît dans le 19h30 Victor Kristof, président de l'association Swiss Youth for Climate. "Mais quand on voit le prix d'un aller-retour pour Barcelone, on se rend compte que c'est moins cher que de se rendre par exemple à Zurich depuis Genève, et ça c'est un problème", ajoute-t-il, dénonçant un marché biaisé en faveur de l'aviation.

Pour le jeune militant écologiste, les politiques ont un rôle crucial à jouer. "Dans le cadre de la révision de la loi sur le CO2, il existe une proposition d'introduire une taxe sur les billets d'avion, proposition qui a été balayée en grande majorité par la droite", rappelle Victor Kristof. "Cette loi sur le CO2 qui a été vidée de son sens doit être renforcée et on espère qu'elle le sera par le Conseil des Etats."

... mais bons élèves en transports publics

Mauvais élèves pour l'avion, les jeunes font figure de bons élèves en matière de trajets en transports en commun. Ils utilisent les transports publics dans des proportions supérieures à la moyenne: 40% de leurs déplacements sont réalisés ainsi (34% en train et 6% en transports en commun routiers), selon l'OFS.

Aujourd'hui, plus d'un jeune sur trois n'a pas son permis de conduire. Les 18-24 ans représentent par ailleurs la classe d'âge qui dispose le moins d'une voiture.

En résumé, le jeune est mobile, mais surtout en transports en commun. De quoi améliorer son bilan carbone. Et pour certains, l'engagement ne s'arrête pas à la grève du climat. A Fribourg, des collégiens ont lancé lundi une pétition pour interdire dès la prochaine rentrée scolaire les déplacements en avion lors des voyages d'étude.

>> Lire:  Des collégiens fribourgeois veulent bannir l'avion des voyages d'étude

Reportage: Fanny Moille

Texte web: Tamara Muncanovic

Publié le 21 janvier 2019 à 19:32 - Modifié le 21 janvier 2019 à 20:57