Modifié le 08 janvier 2019 à 22:08

L'aide sociale couvre de justesse le minimum vital, selon une étude

La Conférence suisse des institutions d'action sociale se mobilise contre la baisse des aides sociales
La Conférence suisse des institutions d'action sociale se mobilise contre la baisse des aides sociales 12h45 / 2 min. / le 08 janvier 2019
De nouvelles réductions du forfait d'entretien octroyé par l'aide sociale compromettraient la couverture des besoins vitaux, indique lundi une étude du bureau BASS. Cela diminuerait également les chances d'un retour sur le marché du travail.

L'étude "Calcul et évaluation du forfait pour l’entretien dans les normes CSIAS" montre pour la première fois les conséquences de nouvelles réductions dans l’aide sociale, relève mardi la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS) dans un communiqué.

La CSIAS a commandé cette étude, car plusieurs cantons veulent réduire l'aide sociale. Dans le canton de Berne par exemple, le peuple devra se prononcer en mai sur une révision de loi qui prévoit des coupes entre 8% et 30%. Les décisions politiques en faveur d'une baisse du forfait d'entretien "se sont prises sans analyse professionnelle et sans examen des conséquences pour les personnes dans le besoin concernées", explique la CSIAS.

Difficultés à se nourrir

L'étude comble cette lacune et conclut que, aujourd'hui déjà, le forfait "ne suffit que de justesse à assurer une existence dans la dignité". Selon les normes de la CSIAS, le forfait se monte actuellement à 986 francs pour une personne seule et doit couvrir ses frais de nourriture, d'habillement, d'énergie, de mobilité, de communication et de loisirs. Pour un ménage de quatre personnes, il s'élève à 2110 francs.

"Si l’actuel forfait d’entretien était réduit de 8%, une famille de quatre personnes disposerait de 7 francs par jour encore pour acheter de la nourriture, des boissons et du tabac, voire de 5 francs seulement en cas de réduction de 30%", note Felix Wolffers, co‐président de la CSIAS, cité dans le communiqué. Cela ne permet pas de se nourrir sainement, ajoute-t-il.

Les enfants premières victimes

Les enfants, qui représentent 30% des bénéficiaires de l'aide sociale, sont les premières victimes des réductions, souligne pour sa part Therese Frösch, co‐présidente de la CSIAS.

>> L'interview de Therese Frösch dans le 12h30:

Therese Frösch, co-présidente de la Conférence suisse des institutions d’action sociale.
Anthony Anex - KEYSTONE
Le 12h30 - Publié le 08 janvier 2019

De plus, le montant du forfait d'entretien est moins élevé que celui servant de calcul aux prestations complémentaires à l'AVS et à l'AI qui se monte à 1621 francs. Il est également inférieur au montant dépensé par les 10% des ménages aux plus faibles revenus, note la CSIAS. L'étude montre en outre que, comparé à d'autres budgets minimaux, les montants prévus pour le transport dans le forfait d'entretien sont sous-estimés.

ats/boi

Publié le 08 janvier 2019 à 17:01 - Modifié le 08 janvier 2019 à 22:08