Modifié le 08 janvier 2019 à 17:24

Ueli Maurer, un président UDC bien décidé à régler le dossier européen

A peine entré en fonction, Ueli Maurer imprime son style
A peine entré en fonction, Ueli Maurer imprime son style 19h30 / 2 min. / le 07 janvier 2019
A peine entré en fonction à la présidence de la Confédération, Ueli Maurer a donné le ton de l'année politique à venir en lançant un appel à renégocier l'accord-cadre avec Bruxelles. L'UDC zurichois sera-t-il celui qui va régler la question européenne?

Le 1er janvier, Ueli Maurer a entamé sa seconde année de présidence, après un premier règne en 2013 durant lequel le conseiller fédéral s'était fait très discret sur la scène internationale. Mais c'était avant le fameux vote du 9 février 2014 et le oui à l'initiative sur l'immigration de masse, début d'une tempête dans les relations entre la Suisse et l'Union européenne pas encore totalement calmée.

Cette fois-ci, la présidence d'Ueli Maurer sera marquée par le sceau du dossier européen. Car, en cette année électorale, la question de l'accord institutionnel avec Bruxelles est sur toutes les lèvres. Le Conseil fédéral a refusé de trancher dans ce dossier, décidant il y a un mois de lancer une large consultation sur le projet issu des négociations, avant de dire s'il l'accepte ou le refuse.

L'optimisme d'Ueli Maurer

Est-ce donc un président UDC qui va mener la Suisse vers un règlement de la question européenne? Dans son discours devant l'Assemblée fédérale après son élection début décembre, le Zurichois a fait part de son optimisme, misant sur une solution d'ici la fin 2019. "C’est une mission pour nous, et j’espère que cela ne sera pas une mission impossible", a-t-il lancé à la tribune.

Le nouveau président n'a en tout cas pas attendu longtemps avant de donner l'impulsion dans ce dossier. Constatant l'absence de majorité en faveur de l'accord-cadre au Parlement et au sein de la population, le ministre des Finances a plaidé ce week-end en faveur d'une renégociation de certains "points importants" avec l'Union européenne.

>> Lire: Le président de la Confédération Ueli Maurer veut renégocier avec l'UE

Le soutien de Christian Levrat

Fraîchement accueillie par le vice-président du PLR Philippe Nantermod, la stratégie d'Ueli Maurer est en revanche reçue plutôt positivement à gauche. Pour le président du Parti socialiste Christian Levrat, interrogé par la RTS, l'accord-cadre n'est en effet pas acceptable en l'état, car il exige que la Suisse assouplisse les mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes.

"Il va falloir consacrer l’année à des discussions sérieuses entre partenaires sociaux. Il faut chercher une solution qui nous permette au moins de maintenir le niveau actuel de protection des salaires", estime lundi le Fribourgeois. Il ne s'oppose toutefois pas à une adaptation des mesures, tant que celles-ci restent "aussi efficaces quant à leur résultat, soit le maintien des salaires des classes populaires et moyennes en Suisse".

Une renégociation difficile

Le mois dernier, le commissaire européen Johannes Hahn, chargé de la politique de voisinage et des négociations d'élargissement, a écarté toute nouvelle négociation. A la même époque, le Conseil fédéral a pour sa part expliqué que si l'accord-cadre devait échouer dans sa forme actuelle, l'UE ne serait pas en mesure d'entamer de nouvelles négociations avant la mi-2020.

"Une chance"

Pour Céline Amaudruz, vice-présidente de l'UDC, interrogée dans le 19h30, "nous avons la chance d'avoir Ueli Maurer comme président." "On a un président qui n'accepte pas le chantage de l'UE, cela va être une année cruciale avec les négociations sur l'accord-cadre, c'est la bonne année pour avoir un UDC à la présidence".

Céline Amaudruz, vice-présidente UDC, conseillère nationale GE

Nous avons la chance d'avoir Ueli Maurer comme président

Céline Amaudruz, vice-présidente de l'UDC

Céline Amaudruz (UDC) : "Avec Ueli Maurer, face à l'UE, le ton va changer"
19h30 - Publié le 07 janvier 2019
 

>> Lire aussi: L'accord-cadre entre la Suisse et l'UE, un dossier à rebondissements

Didier Kottelat

Publié le 07 janvier 2019 à 20:59 - Modifié le 08 janvier 2019 à 17:24

Un dossier européen cacophonique

L'annonce d'Ueli Maurer brouille le message du gouvernement, qui vient de mettre en consultation l'accord institutionnel. Le ministre UDC prend le contrepied de son collègue Ignazio Cassis, qui défend le projet négocié avec l'Union européenne. "Nous courons le risque de devoir conclure un accord plus mauvais à une date ultérieure", avait expliqué le ministre des Affaires étrangères mi-décembre.

La question européenne est le dossier cacophonique par excellence en Suisse. Il y a tout juste une année, pas moins de cinq conseillers fédéraux se contredisaient en la matière par voie de presse interposée. Quelques mois plus tard, le président de la Confédération Alain Berset avait dû recadrer Ignazio Cassis, qui avait remis en question l'intangibilité des mesures d'accompagnement.