Modifié le 21 décembre 2018 à 12:55

"Augmenter l'énergie renouvelable dans notre pays, c'est un devoir"

L'invité-e de Romain Clivaz (vidéo) - Simonetta Sommaruga, conseillère fédérale
L'invité-e de Romain Clivaz (vidéo) - Simonetta Sommaruga, conseillère fédérale La Matinale / 11 min. / le 21 décembre 2018
Simonetta Sommaruga va reprendre le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, avec la loi sur le CO2 et les questions climatiques en ligne de mire. Pour elle, "ce n'est pas une question de droite ou de gauche".

"Le réchauffement climatique préoccupe tout le monde, ce n'est pas une question de droite ou de gauche", assure Simonetta Sommaruga, invitée vendredi de La Matinale de la RTS.

Après huit ans à la tête du Département fédéral de justice et police (DFJP), elle va rependre le dicastère laissé par Doris Leuthard lors d'une passation de pouvoir symbolique vendredi matin.

"Difficiles" compromis sur l'énergie

"J'ai vu à quel point il était difficile de trouver un compromis au Conseil national. Mais j'essaie de travailler comme je l'ai toujours fait jusqu'à maintenant: de mettre les gens ensemble, aussi avec les cantons, et de voir sur quels points on peut se retrouver. On a tous le même but, celui de prendre des mesures. Et pas seulement en Suisse, mais dans tous les pays du monde", estime-t-elle au sujet de la loi sur le CO2.

Et lorsqu'on lui rappelle qu'elle sera la première ministre suisse à fermer une centrale nucléaire, celle de Mühleberg (BE) l'an prochain, elle nuance: "C'était important, mais c'est une chose... Alors il faut tirer la prise, mais de l'autre côté, augmenter l'énergie renouvelable dans notre pays. C'est un devoir et on va le faire".

>> Lire: Simonetta Sommaruga accède à "un grand dicastère aux défis énormes"

Des progrès pour l'égalité

Simonetta Sommaruga souligne aussi que la sortie du nucléaire "est une décision qui a été prise lorsque l'on avait une majorité de femmes au Conseil fédéral".

L'occasion pour elle de revenir sur les progrès dans le domaine de l'égalité réalisés au cours de ses huit ans au DFJP. "On m'avait dit que je n'allais jamais y arriver (...). Et maintenant, le Parlement s'est décidé sur une loi qui fait avancer la question de l'égalité salariale", souligne-t-elle.

Et de détailler: "Les grandes entreprises devront faire une analyse tous les quatre ans et elles devront montrer le résultat aux collaborateurs. C'est la transparence et on le sait, elle fait bouger les choses".

L'élue socialiste reconnaît que la transparence "est un instrument très libéral", mais elle réfute toutefois d'user de "méthodes de droite". "Il faut trouver des majorités en politique, et la majorité sur l'égalité salariale, c'était un dur travail", tranche-t-elle.

"Les femmes ont dû attendre 37 ans pour ce pas vers la transparence, et je suis contente qu'on l'ait fait", conclut Simonetta Sommaruga.

Propos recueillis par Romain Clivaz/jvia

Publié le 21 décembre 2018 à 08:59 - Modifié le 21 décembre 2018 à 12:55

Un système d'asile "plus crédible"

En tirant son bilan de huit ans à la tête du Département de justice et police, Simonetta Sommaruga souligne les efforts dans la politique d'asile. "La chose la plus importante, c'est le travail qu'on a fait en Suisse pour accélérer les procédures d'asile", estime-t-elle.

Elle insiste sur la "crédibilité" gagnée grâce au "grand travail" sur le système d'accélération des procédures de renvoi et la protection juridique pour chaque demandeur d'asile.

"La politique du renvoi, vous pouvez la faire avec dignité et dans le respect des personnes qui ne peuvent pas rester en Suisse parce qu'elles n'ont pas besoin de notre protection", souligne-t-elle.

Une passation de pouvoir symbolique

Doris Leuthard a remis vendredi symboliquement son département à Simonetta Sommaruga. La démocrate-chrétienne a chaleureusement embrassé la socialiste dans son nouveau bureau avant de lui remettre deux clefs: l'une est une ancienne clef du bâtiment, l'autre un héritage de l'ancien conseiller fédéral Leon Schlumpf, qui servirait à ouvrir un coffre-fort avec des dossiers secrets. Doris Leuthard a toutefois avoué qu'elle ne l'avait jamais trouvé.

L'Argovienne a ensuite donné à sa successeure des objets emblématiques de ses nouvelles tâches. Reçu en 2010 des mains de son prédécesseur Moritz Leuenberger, un plan de pied d'éléphant resplendissant doit aider la socialiste à penser à long terme et de manière durable. La nouvelle ministre devra aussi avoir une peau d'éléphant de temps en temps, a averti Doris Leuthard.