Modifié le 21 décembre 2018 à 21:04

L'initiative contre le mitage bien reçue pour l'instant, selon un sondage SSR

Le mitage du territoire affecte surtout les petites communes.
L'initiative contre le mitage bien reçue pour l'instant, selon un sondage SSR La Matinale / 1 min. / le 21 décembre 2018
Le 10 février 2019, les citoyens suisses se prononceront sur l'initiative sur le mitage du territoire. Le premier sondage gfs.bern pour la SSR indique que le texte passerait la rampe s'il était voté aujourd'hui: 63% des sondés y sont plutôt ou très favorables.

Le 8 décembre dernier, jour médian de l'enquête, la participation se serait élevée à 40% du corps électoral, à un moment où le stade de formation de l'opinion était qualifié de bas par l'institut gfs.bern.

Si 63% des citoyennes et citoyens ayant l’intention de voter se seraient certainement ou plutôt certainement prononcés en faveur de l’initiative contre le mitage, 29 % auraient voté certainement ou plutôt contre. Le camp du Oui se lance donc dans la campagne électorale principale, qui débute maintenant,  avec une avance de 34 points. Néanmoins, les personnes interrogées prévoient - à quelque 52% - que le texte finira par être rejeté dans les urnes.

>> De quoi réjouir Alberto Mocchi, président des Verts vaudois, écoutez sa réaction:

Alberto Mocchi, président des Verts vaudois.
Cyril Zingaro - Keystone
La Matinale - Publié le 21 décembre 2018

Opposition gauche-droite pas absolue

Le schéma ne correspond pas totalement au modèle de l’opposition gauche-droite. Les majorités favorables à l’initiative se situent certes clairement au sein de la gauche politique, soit chez les partisans des Verts (87%) et du PS (76%). Les sympathisants vert'libéraux soutiennent aussi assez nettement le texte l’initiative (61%). Mais c'est également le cas des partisans de l’UDC (65%).

Par contre, une grande partie des partisans du centre (PDC et PLR) déclare dès à présent vouloir voter contre.

On peut s’attendre à une évolution des rapports majoritaires durant la campagne, notamment chez les supporters de l’UDC, sachant que l'appareil du parti rejette l’initiative. Cette même évolution - en moins marqué -  devrait aussi toucher les partisans du PDC et du PLR.

Pas de barrière de röstis

Par ailleurs, on constate que les personnes aux revenus bas et au niveau de formation plus faible, les femmes et les personnes faisant peu confiance au gouvernement sont plus largement favorables à l’initiative.

En ce qui concerne les différences entre les régions linguistiques, elles sont pour l'heure minimes: l'initiative est susceptible d'obtenir une majorité partout, même si les électeurs alémaniques y sont légèrement plus favorables que les Tessinois et les Romands.

Arguments

Un fort pourcentage des personnes sondées (73%) partage l’analyse des initiants: le mitage du territoire défigure le paysage et porte préjudice aux générations futures. Quant à l'argument de l'insuffisance de terrains à bâtir, il porte beaucoup moins: 53% des sondés estiment qu'il n'est pas pertinent.

Parallèlement, les arguments des opposants convainquent un peu moins: 51% d'entre eux estiment que la Loi fédérale sur l’aménagement du territoire, votée en 2013, lutte déjà efficacement contre le mitage, 49% pensent qu’une limitation des zones constructibles entraînerait des hausses de loyer et 41% craignent que l’initiative entrave aussi le développement économique de la Suisse.

>> Ecouter les propos de Benoît Genecand:

Le conseiller national PLR genevois Benoît Genecand.
Anthony Anex - Keystone
La Matinale - Publié le 21 décembre 2018

Pierre-Yves Maspoli

Publié le 21 décembre 2018 à 05:59 - Modifié le 21 décembre 2018 à 21:04

La méthodologie

Le sondage a porté sur un échantillon représentatif du corps électoral suisse de 3028 personnes. 1200 y ont répondu par téléphone et 1828 en ligne (1560 en Suisse alémanique, 982 en Suisse romande et 486 en Suisse italienne). L'enquête s'est étendue sur une période de dix jours, entre le 4 et le 13 décembre 2018.

Le risque "d'élever le prix des loyers"

L'initiative contre le mitage du territoire "peut fonctionner pour limiter l'étalement urbain. Toute initiative qui serait limitative sur les ressources naturelles serait plutôt bienvenue. Mais après, il faut voir quels sont les effets induits produits. Et là les opposants ont parfois un peu raison: à partir du moment où vous limitez la quantité de sol,ça veut dire que vous allez faire élever le prix du terrain et donc le prix des loyers", estime Jérôme Chenal, directeur de la communauté d'études pour l'aménagement du territoire à l'EPFL, invité vendredi de La Matinale de la RTS.

"C'est un risque si on ne met pas des mesures compensatoires ou des mesures d'accompagnement pour éviter que les familles qui ont aujourd'hui de la peine à payer leur loyer se retrouvent dans des situations encore plus catastrophiques (...) et toutes ces mesures qu'il faudrait mettre en place ne sont pas dans le texte de base"

"L'hyperdensité est très coûteuse en énergie, tout comme la très faible densité. Entre les deux, on a sans doute un optimum, sauf que personne ne sait véritablement où il se trouve", souligne-t-il.

>> Son interview complète dans La Matinale: