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Endiguer la perte constante de fidèles, le défi des églises protestantes suisses

À Genève, le Mur des Réformateurs et ses théologiens protestants: Guillaume Farel, Jean Calvin, Théodore de Bèze et John Knox. [Inna Felker - Fotolia]
Endiguer la perte constante de fidèles, le défi des églises protestantes suisses / Le Journal horaire / 15 sec. / le 18 décembre 2018
La Suisse compte aujourd'hui davantage de personnes se déclarant sans confession que de membres de l'Eglise réformée. La Fédération des églises protestantes vote mardi une nouvelle constitution pour lutter contre la désertion.

En 1960, le protestantisme était la confession la plus représentée en Suisse; plus de la moitié (53%) de la population déclarait alors appartenir à l'Eglise réformée et 45% à l'Eglise catholique.

Depuis, la part de protestants réformés a constamment décliné, pour tomber à un tiers en 2000 et à 24% (1,7 million de personnes) en 2016, soit deux fois moins qu'il y a soixante ans selon l'étude la plus récente de l'Office fédéral de la statistique.

Dans le même temps, la part d'habitants sans confession, infime dans les années 1960, n'a fait qu'augmenter pour atteindre un quart en 2016. Depuis peu, les personnes sans confession sont donc plus nombreuses en Suisse que les protestants.

9% de protestants à Genève

Le protestantisme se maintient encore dans la plupart des cantons historiquement protestants comme à Berne (51%), Appenzell Rhodes-Extérieures (39%), Schaffhouse (36%), Bâle-Campagne (31%) ou encore Zurich (29%).

Genève est une exception notable. Le berceau du calvinisme abrite une forte immigration issue de pays catholiques et seule 9% de la population s'y déclare aujourd'hui protestante.

Les églises protestantes se modernisent

La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) est remplacée par l'Eglise évangélique-réformée de Suisse (EERS). Elle a adopté mardi une nouvelle constitution qui entrera en vigueur dès 2020.

Une croix huguenote, symbole de ralliement des protestants. [Musée du Désert - DR]Une croix huguenote, symbole de ralliement des protestants. [Musée du Désert - DR]Le caractère ecclésial sera dominant, a précisé Anne Durrer, porte-parole de la FEPS. Au centre de la nouvelle constitution se trouve l'annonce de l'Evangile de Jésus-Christ, qui est la mission de l'EERS, indique la FEPS. Ce texte se veut plus ouvert, dans le but d'attirer un public plus large. La nouvelle version indique ainsi spécifiquement que l’EERS "promeut l’égalité des sexes". Par ailleurs, cette constitution revue interdit la discrimination, notamment des homosexuels, et prévoit de s'ouvrir davantage aux églises libres.

Il aura fallu deux ans aux délégués pour adopter ce nouvel écrit. Une route que la pasteure Claudia Haslebacher compare à "une course de montagne". Les crises ont obligé les délégués à chercher des solutions acceptables et à faire reculer les intérêts particuliers devant la recherche d'unité, peut-on lire dans le communiqué.

Un premier synode de l'Eglise évangélique-réformée de Suisse aura lieu en Valais en 2020.

ptur/sjaq

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