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Encadrement médical lacunaire pour les requérants d'asile de Perreux (NE)

Centre de requérants d’asile de Perreux : lacunes dans l’encadrement médical [RTS]
Centre de requérants d’asile de Perreux : lacunes dans l’encadrement médical / 19h30 / 2 min. / le 9 décembre 2018
Le Tribunal administratif fédéral a récemment reconnu plusieurs manquements dans l'encadrement médical des requérants d'asile au centre fédéral de Perreux (NE). Alors que la Confédération a promis des améliorations, la RTS a décidé d'enquêter.

Depuis le mois d'avril dernier, la Confédération teste au centre de Perreux la nouvelle procédure d'asile accélérée, qui donne 140 jours aux autorités pour statuer sur le sort des requérants. Dans ce laps de temps, il doit donc être décidé s'il est accordé aux requérants le statut de réfugié ou s'il faut procéder à un renvoi.

Cette nouvelle disposition n'est pas sans poser des problèmes. Ainsi, à trois reprises, la Confédération a décidé d'effectuer des renvois, mais sans avis médical approfondi. Ceux-ci ont donc été annulés par le Tribunal administratif fédéral.

"Ce problème doit être résolu"

Celui-ci exemplifie dans son rapport le cas d'une mère de famille syrienne souffrant de maux physiques et psychiques à son arrivée en Suisse: "Le Service d'Etat aux migrants n'a posé aucune question au sujet de la nature précise ou de la gravité des troubles allégués, s'étant limité à l'inviter à consulter l'infirmerie de l'hébergement, ce qui avait déjà été entrepris par l'intéressée (...)".

"Nous avons maintenant trois jugements, en quatre mois, qui constatent la même chose: la Confédération a pris des décisions en matière d'asile sans apporter aucune précision sur la santé des requérants. Cela montre qu'il y a un problème tangible. Et ce problème doit être résolu", évoque de son côté Peter Meier, actuel responsable politique de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés.

Du côté du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), la porte-parole Emmanuelle Jaquet von Sury affirme qu'il y a eu prise de conscience: "C'est vrai qu'il y a des arrêts du Tribunal administratif. Le SEM prend acte. L'idée n'est pas de nier qu'il y a eu, peut-être, un problème. Si besoin, nous prendrons les mesures adaptées".

Un accès aux soins médicaux défaillant

Au-delà de l'avis médical approfondi, il existe un autre problème pointé du doigt par le Tribunal fédéral administratif, l'accès aux soins médicaux, à l'intérieur du centre.

A Perreux, il existe bien une infirmerie, mais dans au moins deux cas signalés, il n'y avait pas de traducteur lors de la consultation médicale, alors que cette disposition est expressément demandée par la Confédération.

Pour Peter Meier, ce genre de situation est également quelque chose de sérieux à traiter: "Pour que les requérants puissent faire part de leurs problèmes médicaux, il faut qu'ils puissent se faire comprendre. En principe, quand l'accès à des soins n'est pas adéquat, il y a bien sûr toujours un risque potentiel pour leur santé".

Julien Guillaume et Sergio Villarmarzo/ther

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Fin prochaine de la phase pilote

La phase pilote des procédures accélérées se termine bientôt. Dès le premier mars prochain, le système entrera officiellement en vigueur. D'ici là, la Confédération promet des améliorations dans l'encadrement médical des demandeurs d'asile.