Modifié le 06 décembre 2018 à 09:21

"Symbole" et "vent rafraîchissant", la presse salue l'élection de deux femmes au Conseil fédéral

Karin Keller-Sutter et Viola Amherd après leur élection mercredi.
Karin Keller-Sutter et Viola Amherd après leur élection mercredi. [Marcel Bieri - Keystone]
La presse suisse de jeudi salue unanimement l'élection de deux femmes au Conseil fédéral. Mais le choix de Viola Amherd et Karin Keller-Sutter pèse aussi sur l'équilibre linguistique et politique du collège.

"Le plus réjouissant (...) réside dans la large reconnaissance non pas d’un genre, mais de compétences", écrit La Liberté, revenant sur les aptitudes des deux nouvelles ministres. Car la PLR saint-galloise Karin Keller Sutter et la PDC haut-valaisanne Viola Amherd "ont été choisies non pas en raison d'un quota, mais parce qu'elles ont convaincu plus que la concurrence masculine", souligne le Tages-Anzeiger.

Cet état de fait permettra, espère le journal zurichois, de porter un coup aux discours parfois tenaces sur la question du genre. Pour les publications romandes de Tamedia, cette double élection au premier tour ne doit en tout cas rien au hasard. Elle est un "symbole. Une leçon même que le parlement a voulu envoyer à la Suisse".

>> Retour sur la journée de mercredi à Berne: Journée historique à Berne avec l’élection de deux femmes au Conseil fédéral

La règle ou un "hasard"

Pour 24 Heures et la Tribune de Genève, "la représentativité des femmes fera désormais partie des règles non écrites des élections au Conseil fédéral". Elle est "désormais aussi un des éléments de l’équation de la fameuse formule magique", lui fait écho Le Journal du Jura.

Plus prudents, plusieurs commentateurs notent qu'il faudra attendre les élections fédérales de 2019 pour savoir si cette "parité retrouvée" "n’était malheureusement pas qu’un heureux hasard", comme le résume Le Quotidien Jurassien. Et, d'ailleurs, estime La Liberté, ce retour à la normale est "imparfait": "l’accès au gouvernement demeure réservé à des politiciennes sans enfants.

La présence des femmes au sommet ne va visiblement pas encore de soi, constate avant tout Le Temps. "La vraie jubilation viendra le jour où le choix des femmes s’imposera sans bataille, sans qu’on y pense, parce que les femmes, tout simplement, sont là, au même titre que les hommes".

Deux parfaites bilingues

Le Quotidien Jurassien souligne également que la journée est aussi bonne pour la Suisse romande. "Les deux Alémaniques élues, parfaites bilingues, ont toutes deux la fibre latine". Après tout la Haut-Valaisanne vient d'un canton majoritairement francophone.

Ce qui justement ne fait pas le beurre de la Luzerner Zeitung pour qui "les parlementaires ont manifestement accordé trop peu de poids à la 'représentation appropriée' des régions, inscrite dans la Constitution", rappelle le quotidien de Suisse centrale. Désormais, résume-t-il, la Suisse romande est surreprésentée.

>> La revue de la presse de La Matinale:

La revue de presse.
RTS
La Presse - Publié le 06 décembre 2018

Un vote sous le signe de la stabilité

Outre ce choix de femmes, lors de ce vote, "c'est plutôt une stabilité certaine qui s’est manifestée à Berne. Le vrai glissement à droite a déjà eu lieu avec le remplacement de Didier Burkhalter - qui n’avait pas molli sur certains principes - par un Ignazio Cassis plus sensible aux attentions des lobbies", lance Le Courrier.

La NZZ en convient en quelque sorte en rappelant que "ce sont deux bourgeoises qui ont été élues et à ce titre, on attend d'elles une politique allant dans ce sens". Et les positions de deux nouvelles élues étant similaires à celles de leurs prédécesseurs, l'impact sur la politique du Conseil fédéral ne devrait dans les grandes lignes pas être énorme, complètent les journaux du groupe CH Media.

Ce changement de têtes, un "vent rafraîchissant" glisse le St.Galler Tagblatt, pourrait en revanche permettre d'améliorer la dynamique de l'exécutif. Le gouvernement dans sa nouvelle composition doit se trouver une voix forte, car "un Conseil fédéral uni qui défend ses solutions vent debout facilite le processus démocratique, estime le Bund. Et surtout s'il continue sur sa lancée, soit sans se coordonner et en s'appuyant sur un consensus minimal, il n'ira pas bien loin, prévient le quotidien bernois.

>> Une élection sous le signe de l'accalmie, l'analyse de Thibaut Schaller dans La Matinale:

Viola Amherd et Karin Keller-Sutter.
Marcel Bieri - Keystone
La Matinale - Publié le 06 décembre 2018

ats/boi

Publié le 06 décembre 2018 à 07:41 - Modifié le 06 décembre 2018 à 09:21