Modifié le 04 décembre 2018 à 11:15

Ce que révèlent les CV des quatre candidats au Conseil fédéral

Les CV des candidats au Conseil fédéral.
Ce que révèlent les CV des candidats au Conseil fédéral La Matinale / 2 min. / le 04 décembre 2018
Bilingues ou en allemand, expérience militaire ou encore statut marital, tour d'horizon des informations que les candidats ont choisi de mettre en avant.

Ils sont quatre candidats pour deux postes: Heidi Z'graggen (UR) et Viola Amherd (VS) du côté du PDC, Karin Keller-Sutter (SG) et Hans Wicki (LU) pour le PLR. Appelés à remplacer Doris Leuthard et Johann Schneider-Ammann, ils se sont tous soumis à l'exercice des auditions devant les groupes parlementaires.

>> Lire aussi le grand format réunissant les portraits des candidats: Quatre candidats pour deux sièges

A cette occasion, la RTS s'est procurée les curriculum vitae que les candidats ont envoyés aux élus qui voteront mercredi.

Pas de traduction au PLR

Les deux candidats libéraux-radicaux n'ont pas pris la peine de traduire leur CV, contrairement aux deux candidates du PDC. Si cette information n'est pas surprenante pour Hans Wicki, qui ne parle pas français, elle est étonnante pour Karin Keller-Sutter, qui est interprète et maîtrise parfaitement la langue de Molière.

En revanche, les PDC Viola Amherd et Heidi Z'graggen ont pris soin de leurs collègues francophones. Ces CV traduits permettent de découvrir que l'Uranaise a été Madame Landammann, soit présidente du canton de Suisse centrale. Du côté de Viola Amherd, la traduction lève le voile sur les engagements locaux de la conseillère nationale: on y apprend par exemple qu'elle est membre de la fondation du château de Stockalper.

Peu de surprises

Seul homme dans la course, le Lucernois Hans Wicki a souhaité mettre en avant sa formation militaire. On y apprend donc qu'il est "Hptm, Kdt Geb S stab-skp 12", soit commandant de la compagnie d'Etat major fusilier de montagne. Des informations cryptées pour au moins une partie des parlementaires.

Autre particularité, à trouver cette fois-ci chez Heidi Z'graggen: alors que trois candidats se contentent d'inscrire s'ils sont célibataires ou mariés, la conseillère d'Etat uranaise prend soin de donner le nom de son compagnon. D'aucuns y ont vu un appel du pied à l'UDC, dont est membre son compagnon, qui a même été député au Grand Conseil zurichois sous les couleurs agrariennes.

Muriel Ballaman/cv

Emission spéciale en direct de Berne à suivre mercredi à partir de 7h sur RTSinfo.ch, La Première et RTS Un.

Publié le 04 décembre 2018 à 10:27 - Modifié le 04 décembre 2018 à 11:15

L'avis d'Alain Salamin, consultant en ressources humaines

Pour Alain Salamin, interrogé dans La Matinale de mardi, le CV du PLR Hans Wicki est le plus prometteur.

"En regardant son parcours, c'est lui qui a l'expérience la plus complète, il a une expérience militaire, ce qui n'est pas négligeable, sachant qu'il y a potentiellement un Département militaire à reprendre. Il a vraiment un mélange d'expérience en entreprise et d'expérience politique. C'est le seul des 4 candidats qui a un profil aussi bien rempli".

Le CV de la PDC "Heidi Z'graggen me plaît beaucoup. Elle a un parcours au niveau formation que je trouve particulièrement intéressant", a encore relevé le spécialiste. Après des études universitaires, "elle a eu le courage de se remettre en question en faisant un doctorat. Ce qui montre qu'au niveau agilité intellectuelle, elle a des capacités particulièrement importantes".

"Je serai un petit peu sévère avec Karin Keller-Sutter, principalement d'un point de vue formation et d'un point de vue parcours professionnel. Elle a la formation la plus basse en termes de diplômes", constate Alain Salamin. "Quand on regarde un CV, les deux critères principaux qu'on utilise pour la sélection sont en général la formation et l'expérience. Au niveau expérience, elle a uniquement une expérience liée à ses activités politiques."

"Il y a quelque chose qui me déçoit un petit peu dans le parcours de Viola Amherd. Elle est vraiment très régionale, c'est quelqu'un qui a un profil lié aux activités valaisannes. On peut se demander comment elle va passer d'un niveau régional à un niveau national voire international".

>> Son interview complète dans La Matinale: