Modifié le 27 novembre 2018 à 10:37

UDC, une défaite partout mais peut-être utile

Nos cartes comparent les votes sur les initiatives de l'UDC.
Nos cartes comparent les votes sur les initiatives de l'UDC. [Keystone - RTS]
Nos cartes réalisées après le rejet de l'initiative sur l'autodétermination montrent que les coups de butoir de l'UDC séduisent moins qu'avant, surtout dans les campagnes. Mais le parti n'est pas pour autant en perte de vitesse, selon le politologue Marc Bühlmann.

Les propositions de l'UDC ne séduisent plus les Suisses? Après sa défaite dimanche, c'était en tout cas le message de ses adversaires politiques, ravis du score: 66,3% des citoyens ont rejeté l'initiative sur l'autodétermination.

En comparant les résultats de dimanche avec ceux des initiatives UDC contre l'immigration de masse (50,3% de oui en 2014) et de mise en oeuvre du renvoi des criminels étrangers (41,1% de oui en 2016), on constate que les soutiens aux initiatives UDC s'effritent dans toutes les régions du pays.

Les plus grandes différences se situent dans les campagnes fribourgeoise, jurassienne, bernoise, lucernoise ou encore tessinoise (voir nos cartes ci-dessous). Dans une trentaine de petites communes, comme La Brévine (NE) ou Villorsonnens (FR), le oui à l'initiative sur l'autodétermination a chuté de plus de 30 points par rapport au oui au texte sur l'immigration de masse.

>> Différence entre les votations sur l'immigration de masse (2014) et l'autodétermination (2018):

>> Différence entre les votations sur le renvoi effectif des criminels étrangers (2016) et l'autodétermination (2018):

Utiliser la défaite pour les élections?

Malgré ces échecs en votations, le politologue et directeur de l'Année politique suisse Marc Bühlmann n'y voit pas un mauvais signe pour l'UDC, à moins d'un an des élections fédérales. Il explique la défaite de dimanche principalement par sa thématique, très juridique.

D'une part, il est "très difficile de changer quelque chose au niveau institutionnel, les Suisses sont assez conservateurs sur leur système", analyse Marc Bühlmann. D'autre part, "ce thème n'a pas permis de mobiliser les campagnes", où le parti récolte ses meilleurs scores.

Le politologue de l'Université de Berne juge par ailleurs que le résultat de l'UDC est "assez bon", même s'il n'a pas su séduire au-delà de ses rangs. "33%, c'est la base de l'UDC", rappelle-t-il, ne voyant donc pas d'érosion chez ses sympathisants.

Marc Bühlmann s'attend même à ce que le parti profite de cette défaite lors des prochaines élections, en octobre 2019: "Ils pourront dire qu'ils sont toujours seuls contre l'élite politique et cela peut avoir un effet mobilisant". Ce discours résonnait déjà lundi dans la bouche de l'UDC Roger Köppel, invité par La Matinale de la RTS.

>> Lire: Roger Köppel dénonce un "réflexe automatique à voter contre l'UDC"

Valentin Tombez

Publié le 27 novembre 2018 à 10:14 - Modifié le 27 novembre 2018 à 10:37