Modifié le 20 novembre 2018 à 18:41

Retraite, migration, cannabis: l'avis des quatre candidats au Conseil fédéral

Les quatre candidats au Conseil fédéral Viola Amherd, Heidi Z'graggen, Karin Keller-Sutter et Hans Wicki.
Portraits politiques des quatre candidats au Conseil fédéral Forum / 2 min. / le 20 novembre 2018
Faut-il augmenter l'âge de la retraite? Doit-on accorder le droit d'adoption aux couples homosexuels? Le cannabis doit-il être légalisé? Analyse du profil des quatre candidats au Conseil fédéral établi par l'institut Smartvote.

Entre Viola Amherd et Heidi Z'graggen, c'est la Haut-Valaisanne qui paraît la plus ouverte en matière de politique étrangère et de migration. Contrairement à sa colistière uranaise, Viola Amherd se dit par exemple en faveur d'un plus grand accueil des groupes de réfugiés provenant des zones de crise. Les deux femmes se rejoignent toutefois sur la question de la naturalisation facilitée pour les étrangers de la troisième génération, à laquelle elles sont toutes les deux favorables.

Par ailleurs, la hausse de l'âge de la retraite pour les hommes et les femmes déplaît à la conseillère nationale haut-valaisanne alors qu'elle séduit la conseillère d'Etat uranaise.

Couples homosexuels et quotas

Sur les thèmes de sociétés, les deux prétendantes au Conseil fédéral s'opposent sur deux points principaux: le droit d'adoption pour les couples homosexuels et la légalisation du cannabis. Viola Amherd défend le premier mais désapprouve le second, soit tout le contraire de Heidi Z'graggen.

La question des quotas au sein des conseils d'administration et des directions d'entreprises divise également les deux élues. Alors que l'ancienne présidente de Brigue s'en méfie, la conseillère d'Etat uranaise y est plutôt favorable.

Par ailleurs, Heidi Z'graggen, qui préside la commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage, apparaît un peu plus sensible aux questions environnementales.

A noter que les deux candidates PDC défendent des positions similaires telles que le congé paternité et le soutien fédéral aux crèches, contrairement aux deux candidats PLR.

Les profils Smartvote de Viola Amherd et de Heidi Z'graggen.
Les profils Smartvote de Viola Amherd et de Heidi Z'graggen. [Smartvote]

Karin Keller-Sutter, candidate la plus à droite

Du côté du PLR, le profil de Karin Keller-Sutter présente des positions plus marquées à droite que son rival Hans Wicki. Un constat qui détonne d'ailleurs avec un autre classement parlementaire établi par l'institut Sotomo en 2016 où le sénateur nidwaldien apparaissait plus conservateur que sa collègue. Le profil Smartvote de Karin Keller-Sutter la situe toutefois la plus à droite parmi les quatre candidats au Conseil fédéral, notamment sur les questions migratoires et de sécurité.

La présidente du Conseil des Etats s'oppose par exemple à la naturalisation facilitée pour la troisième génération, contrairement au Nidwaldien. Elle dit également préférer un droit pénal des mineurs qui mettrait l'accent sur de longues peines d'emprisonnement dans des établissements fermés plutôt que des mesures de réinsertion sociale.

Ligne souverainiste

En ce qui concerne l'Europe, Hans Wicki trouve "juste" que les décisions de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) soient contraignantes pour la Suisse, une opinion que ne partage pas la Saint-Galloise. Tout comme Heidi Z'graggen au PDC, celle-ci défend en outre une ligne souverainiste avec la volonté de mener des négociations plus fermes avec l'Union européenne.

Karin Keller-Sutter apparaît toutefois plus progressiste dans d'autres domaines tels que l'adoption pour les couples homosexuels. La sénatrice répond "plutôt oui" contrairement à son collègue des Etats.

Les profils Smartvote de Hans Wikci et de Karin Keller-Sutter.
Les profils Smartvote de Hans Wikci et de Karin Keller-Sutter. [Smartvote]

Mathieu Henderson

Publié le 20 novembre 2018 à 18:38 - Modifié le 20 novembre 2018 à 18:41