Modifié le 20 novembre 2018 à 12:32

Le VIH lâche du terrain en Suisse, mais la guerre est loin d'être gagnée

La baisse des nouveaux cas de VIH en Suisse est spectaculaire: moins 16% en 2017 par rapport à 2016
La baisse des nouveaux cas de VIH en Suisse est spectaculaire: moins 16% en 2017 par rapport à 2016 12h45 / 2 min. / le 19 novembre 2018
L'an dernier, 445 nouveaux cas de VIH ont été diagnostiqués en Suisse, soit une baisse de 16% par rapport à 2016, selon des chiffres publiés lundi par l'OFSP. Mais le chemin vers l'éradication du virus est encore long.

C'est une première depuis le début des tests en 1985. Jamais le nombre de diagnostics de VIH - le virus de l'immunodéficience humaine, responsable du sida - n'avait passé sous la barre des 500 nouveaux cas annuels. Au début des années 1990, près de 2000 nouvelles infections étaient encore diagnostiquées chaque année.

La diminution est particulièrement marquée chez les hommes homosexuels, même si cette voie d'infection reste la plus fréquente, montrent les chiffres publiés lundi par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). A noter que plus de trois quarts des 445 nouvelles infections concernent des hommes, toutes orientations sexuelles confondues.

Pour l'ensemble de la Suisse, l'incidence de nouveaux cas de VIH était de 5,2 pour 100'00 habitants l'an dernier. En 2012, elle était encore de 7,7 pour 100'00 habitants. Cette moyenne cache toutefois de fortes disparités régionales.

Les incidences les plus élevées se retrouvent dans les grands centres urbains du pays, soit la région lémanique et la région de Zurich. A l'inverse, la Suisse orientale et la Suisse centrale, deux régions très rurales, possèdent les incidences les plus faibles de Suisse.

Prévention et traitement précoce

Pour l'OFSP, la baisse du nombre de nouveaux cas est le fruit des programmes de prévention mis en oeuvre ces dernières années, notamment en matière de dépistage, et de l'accent mis sur le traitement précoce des patients.

Le nombre de tests de dépistage du VIH a ainsi crû de 11% l'an dernier par rapport à 2016, a relevé l'OFSP. L'augmentation a même atteint 20% pour le groupe à risque des hommes ayant des relations homosexuelles avec d'autres hommes.

Grâce à ces efforts, les personnes atteintes peuvent bénéficier rapidement des thérapies actuelles, qui permettent aux personnes séropositives de ne plus être contagieuses. Cela conduit de fait à une diminution sensible du nombre de nouvelles infections.

Eliminer le VIH d'ici 2030

Pourtant, le combat est loin d'être gagné, a affirmé devant la presse Daniel Koch, responsable de la division Maladies transmissibles à l'OFSP: "445 cas, c'est toujours beaucoup trop. C'est faux de penser qu'on peut baisser la garde."

"L'épidémie sera sous contrôle quand on aura zéro nouvelle infection par an", a renchéri le professeur Matthias Cavassini, responsable de la consultation ambulatoire en infectiologie au CHUV à Lausanne. Objectif affiché par l'OFSP: l'élimination du VIH d'ici 2030.

>> L'interview de Florent Jouinot, coordinateur romand de l'Aide suisse contre le sida:

Florent Jouinot, coordinateur romand de l'Aide suisse contre le Sida.
DR
Le 12h30 - Publié le 19 novembre 2018

Didier Kottelat

Publié le 19 novembre 2018 à 12:54 - Modifié le 20 novembre 2018 à 12:32

Quid des autres IST?

Parallèlement au VIH, l'OFSP a publié les chiffres des nouveaux cas pour plusieurs autres infections sexuellement transmissibles (IST). En 2017, 754 cas de syphilis, 11'101 cas de chlamydiose et 2809 cas de gonorrhée ont été diagnostiqués.

Ces statistiques montrent une stabilisation du nombre de nouvelles infections, après des années de forte hausse. Pourtant, l'OFSP se refuse à parler d'un véritable changement de tendance.