Publié le 11 novembre 2018 à 10:40

HandsAway, une application pour lutter contre les agressions sexistes

L'application mobile a pour but de lutter contre les agressions sexistes.
La technologie au secours des victimes de harcèlement de rue: interview de Lucile Dupuy Forum / 8 min. / le 05 novembre 2018
Diverses applications pour smartphones, comme HandsAway, permettent parfois aux victimes de harcèlement de rue d'être secourues par des personnes à proximité. Mais l'efficacité de ce genre de dispositif fait débat.

Lancée en octobre 2016 à Paris, avec le soutien des pouvoirs publics, l'application HandsAway ("bas les pattes" en français) est présentée sur son site comme "la première application mobile gratuite contre les agressions sexistes." Elle a fait beaucoup parler d'elle ces derniers mois sur internet et les réseaux sociaux, avec une vidéo choc qui enchaîne les témoignages de victimes.

Aujourd'hui, plus de 30'000 personnes utilisent cette application en France, dont 30% d'hommes.

Réconforter et récolter des données

Lucile Dupuy a contribué à la développer. De passage en Suisse à l'invitation d'Amnesty International, elle en a expliqué le principe lundi dans l'émission Forum. "Lorsque quelqu'un est victime ou témoin d'une telle agression, il peut poster une alerte géolocalisée sur une carte et les personnes proches géographiquement vont recevoir une notification."

L'idée est de pouvoir réconforter la victime, mais l'objectif est aussi de récolter des données, "parce que le harcèlement de rue, on en parle beaucoup en France ou en Suisse, mais on n'a pas encore vraiment de données sur le sujet."

Circonspection des autorités lausannoises

Il existe cependant un débat autour de l'efficacité de ce genre de dispositif. Ainsi à Lausanne, la Municipalité avait annoncé il y a un an un plan contre le harcèlement de rue, mais n'a pas voulu promouvoir ces applications mobiles. Elle insiste sur la nécessité d'appeler la police dans ce genre de situation. "Si on pense que la situation est en train de dégénérer, il faut faire le 117", souligne le municipal Pierre-Antoine Hildbrand.

Lucile Dupuy en a discuté samedi dernier avec des représentants de la capitale vaudoise lors d'une rencontre. "Ce que les personnes de la Ville de Lausanne n'avaient pas forcément compris par rapport à notre application, c'est justement que ce n'est pas pour une intervention directe", souligne-t-elle. "On dit bien sur notre application que la première chose à faire est de se mettre en sécurité et d'appeler la police. Ensuite, on peut trouver du réconfort sur notre application."

Propos recueillis par Renaud Malik/oang

Publié le 11 novembre 2018 à 10:40