Modifié le 30 novembre 2010 à 11:11

Le webshoring: délocaliser les emplois sur le Web

Le webshoring permet aux entreprises d'employer des professionnels en ligne, où qu'ils se trouvent
Le webshoring permet aux entreprises d'employer des professionnels en ligne, où qu'ils se trouvent [tarajane - ]
On parle beaucoup de délocalisation, une pratique qui permet de faire migrer les emplois dans des régions aux salaires moins élevés. Avec l'Internet, ce concept s'adapte et c'est sur le Web que se retrouvent employeurs et main-d'oeuvre bon marché. Cette nouvelle pratique s'appelle le webshoring.

Le webshoring est une forme d'offshore virtuel. Au lieu de migrer son activité dans un pays étranger, l'entreprise va la décaler sur Internet et trouver sur des sites spécialisés de la "main-d'œuvre clavier". On propose généralement au "chercheur d'emploi" deux types de services: des petites tâches comme la traduction,  faiblement rémunérées et effectuées par des dizaines voire des centaines de personnes, mais aussi des tâches plus complexes, réalisées par des travailleurs indépendants. Dans ce cas, l'employé pourra monnayer ses compétences pour un salaire un peu plus élevé.

De nombreuses professions concernées

Les sites qui proposent ce genre de services, parmi lesquels Odesk, Elance ou encore Amazon Mechanical Turk, s'adressent à un large spectre de professionnels: du designer au traducteur, en passant par le développeur. Une fois le "chercheur d'emploi" inscrit en ligne, il peut mettre en avant sur son profil différents critères comme l'ancienneté, le portfolio ou les gains réalisés. Les tarifs, modestes, tournent autour de 15 francs suisses de l'heure.

 La plupart du temps, les travailleurs inscrits viennent de pays où la main-d'œuvre est bon marché comme le Sud-Est asiatique, l'Inde, le Maghreb ou l'Europe de l'Est. La formule a du potentiel même si des progrès restent à accomplir pour adapter l'offre et la demande. On peut cependant envisager que le découpage du travail en micro-tâches permettra de faire apparaître de nouveaux modes d'organisation du travail.

Jean-Olivier Pain/sa

Publié le 30 novembre 2010 à 09:24 - Modifié le 30 novembre 2010 à 11:11