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Les propos tenus sur les réseaux sociaux en étant jeune peuvent coûter cher

Quand le spleen s'affiche sur les réseaux sociaux, les filtres tombent [Peter Cripps - Fotolia]
Les traces laissées sur les réseaux sociaux peuvent porter préjudice des années plus tard / La Matinale / 1 min. / le 14 octobre 2021
Une tempête médiatique ébranle la porte-parole des Jeunes Verts allemands Sarah-Lee Heinrich, après la révélation de tweets antisémites et racistes postés à l'âge de 14 ans. L'affaire rappelle que l'insouciance propre à la jeunesse est incompatible avec les lois du numérique et peut avoir des conséquences des années plus tard.

La jeune politicienne de 20 ans Sarah-Lee Heinrich a beau se distancer des propos problématiques tenus à l'adolescence, elle est attaquée de toute part et a même reçu des menaces de mort.

Elle s'est depuis excusée sur son compte Twitter: "C'était extrêmement stupide et inapproprié. Je fais partie d'une organisation de jeunesse antifasciste. Ce tweet ne reflète en aucun cas ma position. Je suis vraiment désolée d'avoir écrit un tel tweet."

Son cas rappelle celui de Mennel Ibtissem, forcée de quitter l'émission française de chant "The Voice" en 2018. Des posts dans lesquels la jeune chanteuse avait eu des déclarations polémiques sur les attentats de Nice deux ans auparavant avaient été retrouvés.

Droit à l'oubli exercé tardivement

En Europe, en vertu du Règlement général sur la protection des données (RGPD), quiconque peut demander à faire disparaître ses empreintes numériques. Les moins de 16 ans bénéficient d'une protection renforcée en ce qui concerne le droit à l'oubli.

>> Plus de détails sur ce règlement: Le RGPD, ce nouveau standard sur les données privées qui concerne la Suisse

Pour les adolescents, faire effacer des tweets, une photo ou un post requiert toutefois plusieurs démarches et celles-ci sont parfois entreprises trop tard, rappelle Juliette Ancelle, avocate spécialisée dans les technologies numériques.

"Souvent, les données anciennes que vous avez publiées ressortent des années après et c'est là que vous vous rendez compte que vous auriez aimé exercer votre droit à l'oubli."

Sensibilisation des jeunes

"On a souvent représenté internet chez les adolescents comme quelque chose de virtuel et je crois que c'est un peu une erreur. Internet représente la réalité de notre société au niveau dématérialisé", estime le spécialiste du numérique Stéphane Koch, qui intervient dans les classes d'élèves.

L'expert amène les jeunes à prêter attention au fait qu'ils vont être tenus responsables de ce qu'ils font en ligne et que leurs activités virtuelles peuvent avoir des conséquences, par exemple quand il s'agira de trouver un emploi.

Céline Fontannaz/iar

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