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Des images volées inédites montrent la vie à Idlib, sous contrôle djihadiste

Une journaliste a reçu des images exceptionnelles prises par des témoins à Idlib. Elles montrent la vie dans cette province syrienne en partie sous contrôle islamiste et révèle une forte présence de djihadistes étrangers.

Les sources qui ont fourni ces images à la journaliste Jenan Moussa de la chaîne Al Aan, basée à Dubaï, ont pris de grands risques pour obtenir ces vidéos. Cette activité aurait pu leur coûter la vie s'ils avaient été démasqués par les islamistes de l'ex-Front al-Nosra.

Le reportage "Infiltrés à Idlib" basé sur ces rares enregistrements pris sur une période de trois mois en 2016 montre les slogans extrémistes peints sur les murs des villes et villages dominés par des islamistes, des femmes totalement couvertes et des combattants se déplaçant armés.

Le reportage sous-titré en anglais:

Les sources ont comptabilisé les différents checkpoints de la région et, selon eux, la présence des rebelles modérés de l'Armée syrienne libre (ASL) est désormais très limitée, avec seulement deux points de contrôle sur 38, contre 27 en mains des alliés d'al-Nosra.

Ce groupe, affilié à al-Qaïda de 2013 à 2016, a été renommé Hayat Tahrir al-Cham après une fusion de groupes extrémistes en janvier 2017.

Une ville sous contrôle de combattants d'Asie centrale

Le reportage s'attarde aussi sur la situation de Jisr al-Choghour, particulièrement détruite par les bombardements du régime et de l'aviation russe.

Prise au gouvernement en avril 2015 par des forces islamistes, la ville est désormais sous contrôle de groupes djihadistes en provenance principalement d'Asie centrale, en particulier des Ouïghours, peuple turcophone et musulman originaire en majorité de la province chinoise du Xinjiang.

Le reportage estime que le nombre de ces combattants et de leurs familles se situe entre 10'000 et 20'000 personnes.

Les dernières images diffusées montrent que certaines drapeaux et inscriptions liant les groupes islamistes présents à Idlib à al-Qaïda ont désormais été effacés ou remplacés "dans le but d'offrir un message plus attirant pour la population locale", conclut Jenan Moussa. Et de rappeler que la population civile d'Idlib craint une offensive massive contre la région qui accueille actuellement les rebelles et les populations évacués d'autres régions du pays.

mre

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Les biens de minorités distribués aux combattants étrangers

Le reportage montre que les maisons et les terrains des minorités chrétiennes, qui ont en grande partie fui la région - "sauf les plus âgés" ont été confisqués et sont occupés par des djihadistes. Les biens des membres de l'Armée syrienne libre subissent le même sort.