Publié le 17 mars 2017 à 16:37

Cinq ans de prison pour 3 vols à la tire, le procès qui crispe la justice française

L'article de Mediapart, paru jeudi 16 mars.
L'article de Mediapart, paru jeudi 16 mars. [DR]
L'enregistrement d'un procès à Marseille dévoile une audience "effrayante tellement elle est conduite de façon peu professionnelle". La justice a voulu le censurer, a révélé jeudi Mediapart.

Exceptionnellement, une journaliste de France Culture a pu enregistrer pendant plusieurs mois les audiences du tribunal de grande instance de Marseille. Mais, après une audience qui a "dérapé", la justice a rompu l'accord, explique jeudi Mediapart. Selon les magistrats, le montage est biaisé.

5 ans de prison pour 3 vols à l'arraché

Le média a publié l'intégralité de l'enregistrement. On y découvre le jeune accusé, 18 ans, suivi par un psychiatre, qui n'a pas reçu son traitement et ne comprend pas le vocabulaire de la juge. Désorienté, il s'excuse et reconnaît les faits: trois vols de téléphone portable, avec violence, à des adolescentes.

De son côté, la juge commente les faits: "C'est honteux, monsieur. (...) On ne sait même pas comment on arrive encore à vous regarder comme un être humain."

Après le plaidoyer de l'avocate, la juge refuse d'accorder la parole à l'accusé, au mépris de la procédure, poursuit Mediapart. Il est condamné à 5 ans de prison, dont 4 ans et demi ferme.

vtom

Publié le 17 mars 2017 à 16:37

Audience "effrayante" et "peu professionnelle"

"Cette audience est effrayante tellement elle est conduite de façon peu professionnelle", a réagi un magistrat interrogé par Mediapart, pour qui il est "aberrant" que l'accord avec France Culture ait été rompu. "Il est logique qu'un journaliste, face à tant d'éléments anormaux, diffuse l’audience."

"La sanction pénale n’est pas du tout adaptée. La décision n’est pas motivée, contrairement à ce qu'exige la Cour de cassation", poursuit-il, précisant que, même dans une logique "très ferme", un jeune homme sans antécédents judiciaires n'aurait pas dû écoper de plus de deux ans de prison, dont un avec sursis, pour de tels faits.