Modifié le 02 mars 2017 à 14:16

Des internautes cartographient jour après jour la bataille de Mossoul

Quatre mois après le début de la bataille de Mossoul, les forces irakiennes tentent de reprendre la partie ouest de la ville tenue par le groupe Etat islamique. Des internautes suivent de près leur progression.

Le 19 février, l'armée irakienne soutenue par les Etats-Unis a lancé la deuxième phase de son offensive pour reconquérir Mossoul. Objectif: reprendre le contrôle de la partie ouest de la ville, où sont retranchés les combattants du groupe Etat islamique.

Bloqués par le Tigre, frontière naturelle entre les deux parties de Mossoul, les forces irakiennes avancent dorénavant par le sud. La nouvelle offensive a déjà permis de reprendre l'aéroport. Les combats se concentrent dorénavant dans les quartiers de Jawsaq et de Al-Maamun, sur la rive gauche du Tigre, et, depuis mercredi, à l'ouest de la ville.

Chaque avancée est suivie de près par des internautes qui rapportent quotidiennement la situation sur l'encyclopédie en ligne Wikipedia ("Bataille de Mossoul"). Depuis le 22 décembre, la page, consultée plus de 12'000 fois par jour, propose aussi une carte qui scrute l'évolution de la ligne de front.

>> Animation de la carte, du 22 décembre au 1er mars, avec la date et une légende:

Difficile d'obtenir des informations des deux camps

L'auteur de la carte? Un certain "Kami888". Derrière ce pseudo, un ingénieur américain de 28 ans originaire d'un pays musulman, "d'où mon fort intérêt pour cette partie du monde", raconte-t-il à la RTS. Egalement auteur de cartes sur Damas, Alep et Deir Ezzor en Syrie, il confie les réaliser sur son temps libre, comme hobby.

Mais comment suivre, depuis les Etats-Unis, l'évolution des combats quartier par quartier à Mossoul? "Pour être franc, les sources utilisées pour cette carte sont plutôt unilatérales et pas souvent de la meilleure qualité, mais c'est la meilleure qualité qu'on peut obtenir", explique-t-il.

Il s'agit essentiellement des communiqués des autorités irakiennes ainsi que des informations diffusées sur les réseaux sociaux par des activistes pro-gouvernementaux. "C'est très compliqué d'obtenir des informations du côté du groupe Etat islamique. A chaque fois qu'une source pro-EI apparaît sur Twitter, elle est bannie", ajoute Kami888. De plus, les récentes défaites des djihadistes ont rendu l'agence de presse du groupe "très silencieuse".

Plus précis que les agences de presse

Quant aux médias traditionnels, ils ne traitent souvent "que de la vue d'ensemble et pas du détail des opérations", poursuit-il, rappelant que sur Wikipedia tous les utilisateurs sont libres de modifier le contenu et d'apporter d'autres sources.

A titre de comparaison, l'agence de presse AFP produit également des cartes de Mossoul. Celles-ci correspondent à celles produites par Kami888, mais restent plus schématiques et sont mises à jour moins souvent. La dernière remonte au 24 février.

Valentin Tombez

Publié le 02 mars 2017 à 13:57 - Modifié le 02 mars 2017 à 14:16

Près de 750'000 civils en danger

La ville de Mossoul est aux mains du groupe Etat islamique depuis juin 2014. Actuellement, il resterait quelque 2000 djihadistes à Mossoul-Ouest, selon des estimations américaines.

Ces combattants recourent à leurs tactiques habituelles de guérilla, à savoir les tireurs embusqués, les explosions d'engins piégés et les attentats suicide.

De leur côté, les organisations humanitaires s’inquiètent pour les quelque 750'000 habitants de Mossoul-Ouest. Les conditions de vie sont de plus en plus précaires dans cette zone désormais coupée de l’extérieur et privée d’approvisionnement.